‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 77 sur 153 · Cao. i · texte numérisé non relu

Cao. i

Aux catéchumènes de Rome, la tradition du symbole des Apôtres se faisait le quatrième dimanche de carême. Le rite de cette préparation au baptême consistait à apprendre les articles du Credo.

La variante de jour est à retenir, de même qu'il serait curieux de noter les commentaires faits sur la science requise des candidats.

A l'égard des pénitents furent rédigés deux canons pleins d'intérêt. Ces pauvres gens, exclus de la société des fidèles, formaient un groupe à part à l'église, et étaient congédiés avant la célébration des saints mystères. Pour être réintégrés solennellement, ils devaient se soumettre à de rudes épreuves. D'après le canon i5, le prêtre faisait publiquement l'imposition des mains et plaçait un cilice sur la tête du pénitent. En signe de repentir, la tête devait être rasée et le corps couvert de vêtements de deuil.

Ce régime était humiliant et quelques-uns ne consentaient pas à expier d'une si dure façon leurs fautes graves ou publiques. D'autres, au contraire, pénétrés de douleur, arrivaient par cette voie austère jusqu'à l'héroïsme des vertus. On trouvait la des chrétiens si parfaits, si édifiants que certains évêques n'hésitaient pas à les ordonner diacres et prêtres. Le canon 43 exclut du clergé tous les pénitents, et il plaît aussi aux Pères du concile de prescrire que les clercs condamnés à cette épreuve ne pourront plus célébrer à l'autel.

L'autel était placé en avant de l'abside dans l'axe de la nef. A l'origine, il n'y avait qu'un autel par église, mais peu à peu l'usage les multiplia. Il consistait en une table de pierre rectangulaire posée sur un piédestal. Les tranches de la table étaient ornées de colombes ou d'agneaux symbolisant les douze

apôtres et accostant le monogramme du Christ. Césaire statue que, « pour consacrer un autel, il faut une onction du chrême et la bénédiction du prêtre * w .

Dans la suite, le rituel de la dédicace des autels se compléta, ainsi d'ailleurs que l'institution des paroisses.

Le canon 22 mérite une mention toute particulière. Il traite justement des églises paroissiales et des oratoires ruraux. La rareté des documents historiques sur cette question nous fait accueillir avec le soin qu'il mérite le texte des Pères.

« Si quelqu'un, disent-ils, en dehors des paroisses où se fait le groupement légitime et ordinaire des fidèles, veut avoir uu oratoire dans sa campagne pour y entendre la messe, nous le permettons. 11 y a là, pour une famille, des raisons légitimes de fatigue, d'éloignement, de piété. Cependant nous faisons exception pour les fêtes de Pâques, de Noël, de l'Epiphanie, de l'Ascension, de la Pentecôte, de saint Jean-Baptiste^ qui doivent se célébrer dans les villes et dans les paroisses. Quant aux clercs qui, sans nos ordres, prétendraient officier les jours susdésignés dans les oratoires ruraux, ils seront privés de la communion. »

Une distinction profonde différenciait donc déjà l'église paroissiale de la chapelle de secours. A la base du christianisme nous voyons l'évêque réunissant dans chaque cité les fidèles qui viennent prendre part au sacrifice et entendre la parole de Dieu. Quand la paix est proclamée dans l'empire

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