‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 79 sur 153 · Can. i · texte numérisé non relu

Can. i

croyants, obéissent à FEglise, qui est le centre de leurs intérêts, ils s'agenouillent aux pieds des saints avec une foi admirable. La mission du sacerdoce, délicate alors entre toutes, se poursuivait dans la lutte. Ariens, Juifs, païens faisaient la guerre aux idées chrétiennes. Ailleurs, nous avons dit les attaques des hérétiques, le concile n'en parle pas, sans doute pour ménager Alaric ; mais il met en garde contre le culte d'idolâtrie. Ce que nous a décrit Ausone au v° siècle, existait au vi®. Des devins et des sorciers, parcourant le monde, sollicitaient le peuple pour recettes médicales en cas de maladie, ou prévisions de l'avenir. Et l'on voyait des baptisés suivre ces superstitions, porter des amulettes, écouter ces charlatans, participer à des sortilèges.

Le canon 4^ s'élève avec véhémence « contre cette peste qui empoisonne la foi catholique, en s'appliquant à l'étude des augures, aux sorts des saints, aux prédictions : Quiconque, clerc ou séculier, pratiquera l'usage de ces observances païennes, sera mis hors de l'Eglise ».

Une fréquentation que les Pères d'Agde jugèrent dangereuse, était celle des Juifs. Les inscriptions sur pierre et les textes de nos archives nous prouvent qu'ils étaient nombreux dans les Narbonnaises. Leurs communautés, vouées au trafic, cherchaient aussi à faire du prosélytisme. Par des invitations et des festins ne pourrait-on arriver à l'apostasie ?

Voici un canon fort curieux sur les relations trop cordiales avec les Juifs : « Dorénavant clercs et laïcs éviteront de manger à la table des Juifs ou de les convier à leurs repas. Il serait indigne et sacrilège que des chrétiens mangent de leurs mets, alors ([u'ils n'usent pas eux-mêmes des mets ordinaires.

Ce que nous permet l'Apôtre est impur à leur sens. Et ainsi le chrétien serait inférieur au Juif : l'un prendrait ce qu'on lui offre et l'autre le mépriserait^ ».

La perfidie juive est bien mise en relief dans le canon 24. On ne pourra affirmer que les Pères ont commis une exagération, si on se rapporte au siège d'Arles de l'année suivante (5oj). Il arrivait donc fréquemment que certains Juifs se présentaient au catéchuménat pour recevoir le baptême. C'était, peut-on croire, sans conviction, puisque, selon le mot du concile, ils retournaient peu après à leur vomissement ~. (( Pour les admettre à la foi catholique, ils feront un stage de huit mois, observeront les épreuves des catéchumènes et montreront une crovance pure, digne de la grâce baptismale. Cependant, s'il y avait péril de mort, on les baptiserait. »

Certaines Églises d'Occident s'étaient relâchées de l'observance du carême. Le concile les ramène à la discipline, et « prescrit le jeûne à tous les cathoHques pendant la période quadragésimale, sans excepter le samedi'^ »,

Ce dernier trait vise un fléchissement abusif et remet dans la règle ceux qui s'en étaient écartés.

Il nous reste à dire encore deux mots, l'un de sévérité et l'autre de miséricorde. Le premier regarde les pécheurs publics, les calomniateurs, les homicides, les vindicatifs. « Ceux qui souillent le fover conjugal, ceux qui abandonnent leur épouse pour convoler à d'autres unions, sans recourir aux évê-

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