‹ Saint Césaire (470-543) [microform]Chapitre 12 sur 98 · Vita S. Ccesarii, ibidem · texte numérisé non relu

Vita S. Ccesarii, ibidem

2 . Fultus ejus nescio quid semper viderelur reniterc celeste. Lib. I. cap. i, ii.

milite, lapriere, 1'amour de Dieu. Certes nous n'exagerons pas en parlant ainsi de Cesaire, nous croyons plutot mal exprimer et traduire imparfaitement les traits authentiques laisses dans leslivresde sesbiographes du vi e siecle. II etait, ajoutent ces documents, le premier a venir a Matines et a toutes les reunions ; il demeurait le dernier a s'eloigner. Son visage, son accent, son attitude respirait un je ne saisquoide profondementsympathiqueet de divin.

Cesaire exercait depuis peu les fonctions sacerdotales, lorsque son eveque le chargea d'une mission delicate. Unabbe venait de mourir in insula suburbana civitatis, il fut designe pour le remplacer. Oil etait cette ile suburbaine? Quel est 1'endroit correspondant au texte antique ? Ces questions sont difficiles a resoudre. Si 1'on place le monastere suburbain a Montmajour, beaucoup ne reconnaitront pas la une ile proprement dite, bien.que des marais et des roubines environnassent le monticule rocailleux appele a une si grande illustration j . Serait-ce Saint- Pierre 1'Ancien; quelque surface de terre disparue du milieu du Rhone ; un terrain de ruines a Trinquetailie? Peut-etre la version naturelle est la plus probable ; dans ce cas, le monastere aurait etc situe en Camargue, tout pres de la cite. L'ile insula semble ainsi, d'apres les contextes et les temoi-

i. Montmajour est la colline de predilection du moyen age > lelieu dans lequel chaque gene'rationa voulu clever une pierre, deposer un temoignage de son respect et de son affection, Glair, Aries antique et moderne. Dans les Archives du Far, t. I, anne'e 977, nous avonstrouve une donation dei'ile de Montmajour-les- Aries faite au monastere dece nom par Teucinde, en pre'sencede Guillaume, comte de Provence . Voir aussi Gallia d'Albanes, Instmmenta^ p. 197.

gnages locaux, preciser une residence qui serait aux portes memes d' Aries, a proximile du fleuve.

Quoi qu'il en soit, ce monaslere ne brillait point par sa discipline. II y avail la, sans dpule, une reunion d'individus qui, n'elanl enchaines a aucune regie, faisaient chacun sa volonle propre. Le superieur devait y laisser lesmoines libres de sortir sans scrupules pour aller faire ailleurs 1'experience des vertus qu'ils croyaient avoir. Cequi se passait dans le centre de la Gaule et surles bords de la Loire se pratiquait le long des rives du Rhone. Tel religieux, qui avail vecu dans la familiarite de la vie anachoretique, se ira'nsporlait aisemenl, commeclerc, dans les milieux de la plus eleganle sociele. Rien de slable dans la vie des moines, el des lors la severite de certains ecrivains a leur egard ne surprend pas 1'observaleur 4 . Le plus illustre lhauraaturge des Gaules, Marlin de Tours, qui se faisail accompagner d'une quantite de disciples pour parcourir les campagnes, renverser les monuments druidiques ou romains, s'exercer a laguerison des maladies, apprendre a lire, a prier, tenait grand compte de 1'inspiration personnelle k Sa melhode, son influence surtout engendrerent des imitateurs ; mais combien les copistes furent loin de ce mailre incomparable de la lhaumalurgie, qui accuse un relief d'allure, une puissance de foi, un don des miracles sans egal meme parmi les Peres les plus renommes de TOrienl ! C^saire avail appris a Lerins le danger des habiludes nomades, de celte Iiberl6 des moines ambulanls qui se confiaienl a leurs caprices ou a leurs desirs plulol qu'ala sagesse chrelienne. Tant de pauvres novices el de profes ont

i. Gf. Hauck, Kirchengeschichte Deutschlands, t. I 4

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laisse des traces de leurs chutes dans cet etat ineertain devolonte ! Cequi faisait chanceler beaucoup de communautes gauloises de cette epoque, c'etait 1'imprecision des regies, le defaut d'autorite abbatiale, 1'instabilite des coeurs. \

Lerins et Saint- Victor reagirent dans le sens de la regularite et furent un grand progres sur les agrgations de saint Martin.

L'exemple de Lerins,eu penetrantl'ame deCesaire, s'etendit a 1'abbaye suburbaine d'Arles. Homme de l6te et de resolution, 1'abbe garda le silence, observa, ensuite redigea une regie qui est heureusement parvenue jusqu'anous 4 . Evidemment les idees reformatrices qu'ii j emit proviennent des principes ascetiquesde Lerins. L'auteur, onn'en saurait douter, a prispour baseles coutumes de son ancien couvent. II a condense la pensee de ses maitres etl'a coulee dans vingt-six articles que precede une breve, lumineuse et pathetique exhortation. La regie de Cesaire aux moines a ete dictee a Tetradius, pr6tre, neveu du saint. Avant de I'adresser , comme ev6que 2 , a tous les monasteres de sa juridiction, il 1'a imposee d'abord comme abbe de son ile suburbaine. Cela ressort du titre et de 1'exorde m6me du document.

Les premieres lignes aussi bien que les dernieres parlent de stabilite, de perseverance^ comme condition d'entree pour les moines dans le couvent. Etre fidele a sa conversion, aux engagements pris, d'une part; devenir pour les religieux 1'autorite souveraine, la loi vivante, attirer les volontes, les maintenir,

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