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mitige, s'orienterent vers un progres sensible de defense et assujettirent leurs actes a une procedure capable d'arreter beaucoup de fautes.
La prohibition de vente, votee par le concile, s'etendait encore a 1'usufruit : vel in usufructu. Ge genre de concession offrait des desagrements, et ceux qui le tenaient essayaient trop souvent de se considerer peu a peu commeles maitres. Voila pourquoi 1'Eglise prefera a 1'usufruit perpetuel un contrat a courte echeance afin de mieux rappeler ses droits.
Un aulre complement de ce meme canon vise les serfs. L'Eglise qui, devant la societe, presentait leur affranchissement comme un acte agreable au ciel, ne manquait pas de delivrer les meilleurs d'entre eux, les plus recommandables par les services rendus. Cesaire permit done aux ev6ques d'affranchir certains esclaves meritants et de leur donner comme recompense une terre ou une vigne et une maison. Que serait, en effet, la liberte, sansun gite ni un morceau de terrain ? La valeur du capital ainsi donne pourra aller jusqu'a vingt sous d'or.
Chose digne de remarque, quand le concile insiste sur les faibles et les pauvres, il les regarde veritablement comme ses preferes. Ce n'est pas en vain et par pure forme que le patrimoine ecclesiastique etait appele leur bien.
Le canon 4 flagelle ceux qui retiennent les donations faites a Dieu et n'executent pas les legs testamentaires; puis, stigmatisant ces mauvais disciples du Christ, illes traite d'assassins des pauvres (necatores pauperum] et les excommunie.
II est superflu de noter que les prohibitions faites aux eveques, en matiere de temporel, s'etendent aux pasteurs des paroisses. Pour ces derniersj ils n'ont
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aucun droit de vendre les terres qu'ils administrent. Comment Fauraient-ils, alors que leurs chefs ne le possedent qu'avec 1'approbation de dignitaires coprovinciaux? S'ils viennent a disposer de quelque chose, le coDtrat est nul et, de plus, ils encourent 1'excommumeation { .
Les canons 2 et 5 condamnent a la communion peregrine les clercs convaincus de vol et de negligence dans le service professionnel. Cette communio peregrina reduisait le clerc coupable a, la condition des etrangers.
Nous avons vu la serie des peines infligees aux ecclesiastiques, depuis 1' excommunication jusqu'a la penitence publique. II est clair qu'un certain nombre d'entre elles ne pouvaient e*tre appliquees sans l'intervendon du bras seculier. Ce concours ne fut pas refuse. Alaric montra sa deference pour les Peres du concile et Cesaire s'etudia a faire mettre les canons d'accord avec les lois de 1'Etat. II y reussit si bien que plusieurs semblent des extraits du Breviaire. Ce que les Peres disent des enfants trouves 2 et de 1'imposition du voile aux vierges consacrees a Dieu, se trouve dans la legislation civile.
En meme temps que de la reforme du clerge, le concile s'occupa de la discipline monastique 3 . On connaitrait mal Cesaire, si on ne discernait sans hesitation sa louche caracteristique dans les textes qui suivent :
i. Can. 22.
a. Can. 24. Renouvele de Vaison et prescrivant que le diacredu haul de 1'autel signalera, a 1'office du dimanche, Tenfant recueilli. Si quelqu'un peut le reconnailre, il en fera la declaration dans les dix jours. Dans le cas contraire, celui quiredemandera I'enfant sera frappe de censure comme homicide. Cane. Vas., c. 9 et 10.
S 3. Can. 19.
Defense de fonder un nouveau monastere, si I'ev6que ne Tapprouve. Les moines qui n'ont pas de lettres testimoniales de leur abbe ne peuvent 6tre autorises a remplir des fonctions clericales dans les villes et les bourgs.
Un moine ne passera d'une communaute dans uneautre qu'avec la permission de 1'abbe, car partout oil il se trouve, 1'abbe a le droit de le rappeler. De meme, c'est a 1'abbe qu'il appartiendra de faire recevoir les ordres a ses sujets.
Les moniales, m6me celles dont la vie et les mceurs ont ete eprouvees, ne prendront pas le voile avant Fcige de quarante ans.
Afin d'eviter les embuches du demon et les mauvaises langues des hommes, les convents des moines n'avoisineront pas ceux desvierges 1 .
L'experience du metropolitain d' Aries parle ici avec une precision sans pareille. II etait impossible, en effet, de laisser etablir une fondation monastique sans le consentement du chef diocesain. On voyait des religieux courir partout sans souci d'obeissance ni de stabilite, sans conscience du desordre ni du scandale. Des hommes riches, des pelerins du monachisme s'installaient dans un lieu et s'enfuyaient secretement dans un autre. Tous ces abus demandaient une regie absolue pour les faire cesser. Cesaire a rendu un grand service a 1'Eglise en saisissant 1'occasion d'un concile national pour imposer une stricte discipline a tous, hommes et femmes.
En Provence, sur les bords du Rhone, dans la Narbonnaise, on avail recu de bonne heure la religion chretienne. Filles privilegiees de 1'evangeli-
i. Can. 19, 27, 28.
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sation, nos eglises prirent des usages speciaux pour le culte. La liturgie pratiquee en Gaule differait de la liturgie romaine. Mais, tandis qu'a Rome il y avail unite de rite, nos pays admirent des varietes nombreuses.
Pour amener I'uniformite, plusieurseoncilesimposerent la meme regie dans 1'ordre des offices. Les Peres d'Agde tenterent un effort identique. II est dit dans le canon 3o : Nous trouvons convenable que tous doivent suivre egalement VOrdo de 1'figlise, qui comprend, d'abord, les antiennes ou psalmodies antiphonees, ensuite les collectes recitees par 1'eveque ou les pre"tres. Tous les jours on chantera les hymnes matin et soir. A ces offices on n'oubliera pas les capitules ou versets tires des psaumes. Enfin, Poraison terminee, Feveque donnera sa. benediction .
A la suite de ce statut important pour 1'histoire liturgique, il faut ajouter la severe recommandation que voici :
II y a obligation speciale pour les seculiers d'entendre la messe entiere les dimanches, et de ne pas sortir du lieu saint avant la benediction du pretre. S'il le faut, 1'eveque, pour leur confusion, les reprendra publiquement 4 .
Cesaire mettait en pratique ce precepte, nous le savons. II lui arriva meme d'arreter dans la basilique les fideles qui, n'aimantpas la predication, s'en allaient au milieu des offices.
Le concile nous informe que la ceremonie publique de la tradition du symbole eiait fix6e au dimanche des Rameaux 2 .