LE CONCILIA DE BALE
vé la droiture de L'esprit et du cœur. 11 ne resta que trois ou quatre évèques égarés par leur ambition déçue.
Le cardinal de Saint-Ange, modéré et conciliant, à qui même ou reproche trop de concessions dans l'assemblée de Baie, sentait le lourd fardeau qui pesait sur lui et les difficultés immenses que lui créaient d'aveugles passions. C'est pourquoi, dès le commencement de son séjour à Bâle, il s'était recommandé aux prières de la servante de Dieu. Elle lui avait écrit ellemême pour lui communiquer sans doute les lumières dont le Seigneur l'avait favorisée. Nous avons en vain recherché dans les actes du concile conservés à Bàle, des lettres qui auraient un si grand intérêt. Celles du cardinal, conservées dans les monastères, glorifient trop la réformatrice pour que nous les passions sous silence.
« A vénérable sœur Colette de l'ordre de Sain- « te-Claire.
« Ma très-chère Mère,
« Je vous remercie grandement de ce que vous « avez daigné me visiter souvent par vos trèsce agréables lettres ; mais je vous remercie ence core plus, sans comparaison, de ce que vous c avez souvenance de moi en vos saintes prières ; « je vous supplie, par la charité et les plaies « sacrées de J.-C, de me recommander tous les « jours à Notre-Seig'iieur, comme je vous ai « autrefois requis et que vous me l'avez promis.
« Si quelqu' enfant aime bien sa mère, il mérite « quelque faveur d'elle ; en vérité, moi qui vous « aime plus que si vous m'aviez engendré, je « dois obtenir de vous cette grâce; je vous ai ci-de- « vaut supplié de prononcer une fois tous les « jours ce peu de paroles, en la présence de
N. S.-J. C. savoir:/*? vous supplie, mon Seigneur « Jésus-Christ, que vous daigniez accorder la grâce « à votre serviteur Julien de ne jamais offenser cotre « Majesté, mais de vous plaire toujours et de mou- « rir étant bien confessé et contrit, ayant reçu di- « votement les sacrements de l'Eglise, et dans la a grâce de votre Majesté. Je vous demande ce bon « office, ma très bonne mère; ce sont peu de « paroles que l'on peut dire sans aucune peine ; « afin que vous le fassiez plus librement, vous i pouvez faire cette demande en la personne « de l'un et de l'autre savoir de vous et de moi « de cette manière ; Je vous supplie mon Seigneur « Jésus-Christ, de daigner accorder la grâce à moi « votre servante et secondement à votre serviteur « Julien de ne jamais offenser votre Majesté, mais <i de vous plaire et de vous être toujours agréables, « de mourir bien confessés et bien contrits, et ayant « reçu dévotement les sacrements de l'Église, et « dans la grâce de votre Majesté.
« Je vous prie, ma très chère mère, de me « répondre et de me faire connaître, pour ma « consolation, si vous avez intention d'exaucer « ma prière. J'espère de votre charité, que « m' ayant déjà exaucé depuis longtemps, vous