‹ Saint Colette, sa vie, ses œuvres, son culte son influenceChapitre 110 sur 136 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Nouveaux progrès de la réforme — Nouvelles épreuves.

Le Seigneur ne laissait pas sa servante sans consolations. Non seulement son œuvre se consolidait et ses sœurs avançaient dans la perfection, mais les maisons, quoique multipliées, suffisaient à peine pour satisfaire toutes les âmes généreuses qui donnaient aux chrétiens l'exemple d'un détachement parfait et du mépris des vanités humaines. La vertu des Colettines rayonnait dan s le monde provoquant l'émulation et produisant des fruits abondants de salut, même dans des monastères que la réformatrice n'avait pas visités.

On a vu (ch. xxxiv) qu'Olivier de la Marche attribuait à sainte Colette la réformation ou la fondation de 380 maisons. Cette assertion d'un historien contemporain surprend lorsqu'on n'a lu que les biographies qui ne parlent que de 17 ou 18 couvents fondés ou réformés par l'humble fille de Corbie. Comment concilier des témoignages si différents ? Il est difficile de ne voir, dans la parole d'Olivier de la Marche, qu'une exagération d'auteur mal renseigné. La difficulté n'est pas insoluble. Sainte Colette n'a visité ou

fondé personnellement que 17 ou 18 couvents, mais son influence s'est étendue bien plus loin. L'histoire l'a trahie dans son œuvre de la réformation des couvents d'hommes. Nous l'avons vu et nous avons tâché de lui restituer une partie de sa gloire. De même les premiers biographes, n'ayant voulu que nous faire un tableau fidèle de ses incomparables vertus, n'ont nommé qu'un petit nombre de lieux où elle a séjourné ; mais ils ont g*ardé le silence sur l'action qu'elle avait exercée en dehors. Plus tard, quand pour écrire sa vie, on a voulu compléter ses biographies et suivre la Sainte dans ses courses, on a interrogé les mémoires des monastères qu'elle avait habités ; mais on n'a point interrogé les autres où son influence avait opéré de grands changements et ranimé la vie religieuse. Dans la plupart on n'eût trouvé que peu où point de traces de ce travail. Les hommes religieux ne travaillent pas pour la gloire humaine ; il leur suffit de savoir que leurs œuvres sont écrites ailleurs que dans les annales des hommes.

Olivier de la Marche dit d'ailleurs que ces maisons furent ou fondées ou réformées par elle ou par ses filles, de son vivant.

£)r, les premiers biographes ne se sont nullement préocupés de nous faire connaître la destinée de ces fidèles compagnes et imitatrices de notre Sainte. Mais d'autres historiens nous apprennent que beaucoup de ses disciples ont été appelés à communiquer l'esprit de leur mère à

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