‹ Saint Colette, sa vie, ses œuvres, son culte son influenceChapitre 114 sur 136 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Commencement des fondations de sainte Colette dans le Nord.

« Un fait à noter, dit avec raison M. Siméon « Luce, c'est que Colette malgré son zèle de « propagande, ne fonda jamais aucun couvent « dans la partie de la France occupée par les « Anglais et quoiqu'elle ait eu bien soin de se « tenir à l'écart de la mêlée des partis dans la

« crainte de compromettre le succès de l'apos- « tolat essentiellement religieux qu'elle avait « entrepris, ce seul fait suffirait pour trahir ses a véritables tendances politiques ». Enfin la France était presque entièrement rendue à ellemême. Le traité d'Arras (1 135) reconstituait l'unité nationale. Si le pouvoir royal avait dû consentir à de grands sacrifices pour se concilier un trop puissant vassal, du moins, son droit était reconnu et le duc de Bourgogne renonçait à l'alliance anglaise. Les villes de la rive droite de la Somme laissées au pouvoir de Philippe le Bon étaient redevenues françaises et allaient jouir de la paix. S. Colette pouvait revoir la Picardie, l'Artois et étendre son influence jusque dans les Pays-Bas. C'est ce qu'elle va faire.

Le duc de Bourg*ogne était un des plus puissants princes du XVe siècle. Son pouvoir s'étendait depuis les Alpes jusqu'à la mer du Nord. Le plus beau fleuron de sa couronne ducale était les Flandres, où il faisait souvent sa résidence avec sa cour. L'unité de gouvernement entre la Bourgogne et les Pays-Bas, les relations nombreuses qui s'établissaient entre ces différentes provinces, l'agitation produite par les discordes civiles, les voyages fréquents des troupes, transmettaient d'une province à l'autre le récit des événements les plus mémorables, et si la renommée n'avait pas les mille trompettes du XIXe siècle, elle était loin d'être muette. C'est ainsi que la haute sainteté de la réfor-

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matrice, ses miracles, ses vertus furent promptement connus jusque dans les Flandres, et dès 1427, des bourgeois de Gand, à la tète desquels se trouvait Hélène Sclapper, s'étaient engagés à construire un monastère de Clarisses . Ils avaient obtenu une bulle de Martin Y, datée du 26 juin 1427. Leur entreprise n'aurait pas langui si l'on en croit Wading, car dès 1429, il y aurait eu, dit-il, plus de trente religieuses dans ce couvent. Cette assertion est contredite par la lettre suivante que sainte Colette écrivit de Besançon aux pieux fondateurs. Elle expose bien et les difficultés survenues et l'état de l'entreprise. Voici d'abord l'adresse de cette lettre ;

A mes très-chrétiens et très-Jionores, et très-aimés Seigneurs Jean de Ilot, Jean Kerbech, Daniel i'C Varremont et à plusieurs autres , jusqu'au nombre de cent personnes , Jean Vilïaert, Jean de ÏVevere et Jacques de Basseveldc, etc.

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