CHAPITRE XLIX
Témoignages de la vénération publique envers sainte Colette. — Premières instances pour sa canonisation.
La vénération des Filles de Sainte-Colette pour leur mère ne tarda g'uère après sa mort à couvrir d'un abri sa tombe, d'où s'échappaient des parfums merveilleux etune odeur vivifiante. Mais si elles purent ainsi soustraire le vénérable corps à l'action des pluies, elles ne purent le préserver des eaux marécageuses dans lesquelles il était enseveli. En effet, le couvent de Bethléem étant dans la partie basse de la ville, la dépouille de ses morts était plutôt confiée à l'eau qu'à la terre .
Sous l'impulsion des sentiments de la piété, l'abri se transforma peu à peu en oratoire. Il n'en* pouvait être autrement. La vénération, la confiance s'augmentaient au récit des merveilles obtenues par l'intercession de la sainte abbesse. Auprès de cette tombe, les âmes se sentaient éclairées et fortifiées. Que de généreuses résolutions avaient été prises, que de sacrifices difficiles accomplis, après un moment passé sur cette terre quisemblait inerte !