VÉNÉRATION PUBLIQUE
Des faveurs extraordinaires , des miracles éclatants obtenus fréquemment par l'intercession de la vénérable abbesse, enflammaient la piété de tous les chrétiens. Ce n'étaient pas seulement les Clarisses qui l'invoquaient avec une profonde confiance, tous les rangs de la société commençaient au tombeau, aux reliques de sainte Colerte, ce long* pèlerinage qui , après plus de quatre siècles, n'est pas terminé, et déjà s'introduisait cet usage, auquel nulle femme chrétienne de Gand ne voudrait manquer, de se placer sous la protection de la servante- de Dieu en se couvrant de son manteau.
Le Père Pierre de Vaux avait pieusement recueilli ses souvenirs et ceux des compagnes de la réformatrice et il en avait composé le tableau si simple, mais si éloquent des vertus et des prérogatives de sainte Colette. Sœur Perrine avait fait de même. Ces œuvres ont été appréciées dans l'introduction , il suffit de les rappeler ici.
Olivier de Langhe , prieur de Saint-Bavon, persuadé par le serment solennel que Pierre de Vaux fit en sa présence, traduisit bientôt en flamand l'œuvre du confesseur de la sainte abbesse et en reçut la récompense. La Sainte lui apparut pour le remercier et l'assurer de sa protection. Sainte Colette, protégez toujours celui qui consacre ses labeurs à votre gloire.
L'œuvre de Pierre de Vaux , devenue populaire par la traduction du prieur de Saint- Bavon , augmenta la confiance publique dans la protec-
tion de la sainte abbesse. En 1469, une peste violente désola la ville de Gand. Plusieurs protestèrent devoir leur salut à la puissance de sainte Colette qu'ils avaient invoquée. Aussi, l'évèque deTournai ordonna, en 1471, une première information pour recueillir les faits miraculeux qui glorifiaient de plus en plus la servante de Dieu .
Philippe Courault qu'on a appris à connaître à Poligny, en ce temps-là, abbé démissionnaire de Saint-Pierre de Gand, ne crut pas devoir taire plus long-temps les bienfaits dont la vénérable abbesse l'avait comblé, lui et toute sa famille, et il en fit un récit succinct en forme de déposition juridique, daté aussi en 1471. La même année, on recueillait à Corbie, dans la même forme solennelle, les souvenirs des vieillards qui avaient connu la recluse (1).
Inspiré par ces éclatantes manifestations, héritier de la vénération du prince son père et de sa mère pour sainte Colette, Charles le Téméraire voulut aussi obtenir la protection de la thaumaturge en travaillant à sa gloire . En 1472, il envoya des ambassadeurs à Rome, pour solliciter sa canonisation. Sixte VI, qui avait été choisi dans l'ordre de Saint-François pour occuper le siège pontifical , accueillit très favorablement cette demande. Il répondit aux ambassadeurs : « Je regarderais comme une grande faveur de « pouvoir canoniser cette illustre vierge. Vous