‹ Saint Colette, sa vie, ses œuvres, son culte son influenceChapitre 134 sur 136 · SA GLORIFICATION EN FRANCE · texte numérisé non relu

SA GLORIFICATION EN FRANCE

proclamés dans ce siècle, prétendaient él

la parole du Vicaire deJésus-ChrisI et du Docteur

de toutes les nations. Arrêtée aux frontières, la bulle si glorieuse pour uife Française no fut pas même publiée dans l'Empire.

Cinquante ans après, Le 24 mai 1857, sous l'inspiration d'un homme do foi et d'un généreux catholique, M. le baron de Caix de Saint- Aymour, maire de Corbie et conseiller général, la ville de Corbie célébra le triomphe de celle qui avait porté le nom de la petite cité jusqu'aux extrémités do la terre. On inaugura alors un magnifique autel dû à la générosité du maire, du clergé et des habitants, et un reliquaire dû la munificence de S. M. l'Empereur Napoléon III.

La parole du Pontife romain ainsi étouffée en 1807, alla cependant consoler dans leur dispersion les filles de Sainte-Colette, ranimer leurs espérances, les exciter à conserver précieusement l'étincelle céleste dont elles étaient dépositaires. Elle leur promettait de meilleurs jours. Il ne pouvait se faire que l'œuvre de la réformatrice pérît au moment où elle recevait le suprême honneur sur la terre et où sa gloire céleste était révélée au monde. Celui qui lit jusque dans le ciel pour instruire les habitants de ce bas monde venait de parler. Sa parole était un gage que la promesse de sainte Colette s'accomplirait et que son œuvre durerait jusqu'au dernier jour du monde.

Guidé par l'Esprit-Saint, le Pape avait senti

que c'était le moment de proposer à l'imitation des fidèles une âme dévouée jusqu'à la mort l'unité de l'Église et à la chaire de saint Pierre Dans son égarement, le puissant dominateur de l'Europe devait bientôt faire briller aux yeux de prélats trop faibles le vain éclat de ses faveurs, pour tenter de reproduire dans l'Église les maux contre lesquels sainte Colette avait lutté pendant toute sa vie. Il eût bien voulu peutêtre trouver un antipape ; au moins il voulait se passer du Vicaire de Jésus-Christ et diviser l'Église. Sainte Colette glorifiée priait au ciel pendant que ses filles dispersées, fidèles au milieu du monde à leurs sacrés engagements et à l'esprit de leur mère, se mortifiaient et priaient le Ciel de faire miséricorde à la terre. Cette nouvelle tempête passa sans entamer l'unité de l'Église. Bientôt les Clarisses qui avaient survécu à l'ouragan, purent se réunir et ranimer 1 î foyer sacré dont elles avaient caché le feu au fond de leur cœur. Les unes au fond de leurs anciens couvents, les autres dans des asiles nouveaux dont la charité et la pauvreté firent tous les frais, mais toutes sous l'empire de la même règle et du même esprit d'abnégation, reprirent leurs pieux exercices et recommencèrent leurs saines austérités. Aujourd'hui encore, elles observent avec une fidélité inviolable les ordonnances de la sainte réformatrice qui a complété l'œuvre de sainte Claire et prévenu par sa sagesse toutes les défaillances.

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