INTRODUCTION. IX
été nécessaire. L'esprit tout-puissant de sainte Colette a traversé les âg-es, la corruption des siècles et les flots destructeurs des révolutions.
Quelques-uns taxeront peut-être d'exag-ération cette proposition, que sainte Colette réforma les trois ordres de Saint-François. Quelle ait réformé les Clarisses, point d'objection ; mais le premier ordre, les Franciscains, tous ne l' admettent pas. Cependant, rien n'est plus certain. D'abord, il faut s'entendre sur ce mot réforme. Il a été dénaturé dans son application au protestantisme qui n'est qu'une corruption du christianisme. On nous permettra d'éloig-ner ce sens abusif et odieux.
La réforme est une œuvre éminente. La rédemption n'est autre chose qu'une réforme et l'Eglise est la grande réformatrice du genre humain. Elle a seule une mission pour cela et elle l'accomplit incessamment.
Dans le sens exact du mot, il y a deux sortes de réforme : celle qui, ajoutant à l'œuvre première, en retranche aussi ce qui est mauvais et dangereux, c'est l'œuvre de l'Eg-lise sur l'homme; et celle qui s'inspirant pleinement de l'idée première, sans rien retrancher de sa primitive manifestation, la développe plus complètement, la fortifie et en prévient l'altération. C'est dans ce second sens qu'on peut et qu'on doit appliquer le mot réforme à l'action que sainte Colette a exercée sur l'œuvre du patriarche d'Assise. Ce qui portait au XVe siècle le nom d'ordres de