CHAPITRE XVI
Mortifications et souffrances de sainte Colette.
La réformatrice méritait toutes ces faveurs célestes par une extrême austérité de vie et une immolation continuelle d'elle-même. Nous avons vu précédemment combien était sévère le genre de vie qu'elle s'était imposé dès son jeune âge. On comprend facilement qu'elle n'y avait rien changé, si ce n'est pour le rendre plus rigoureux. Sa couche était un sac de paille jeté dans un coin de sa cellule et retenu par un informe morceau de bois ; pour oreiller, elle avait également une pièce de bois. On conserva toujours avec respect ces deux morceaux de bois clans le monastère de Besançon. Elle s'était réservé pour cellule le plus humble réduit de la maison. Son esprit de pauvreté lui était aussi une source intarissable de douleurs. Jamais elle ne voulut porter un vêtement neuf, mais seulement ceux qui avaient été usés par d'autres sœurs et qui étaient raccommodés de toutes parts. Or, cet habit était le même l'hiver et l'été, trop léger dans une saison, trop lourd dans l'autre. Elle n'accepta jamais les adoucissements ménagés par la pieuse industrie des sœurs. Quelque rigoureux que fût l'hiver, ni