‹ Saint Colette, sa vie, ses œuvres, son culte son influenceChapitre 73 sur 136 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Progrès de la réforme. — Vocations. — Nouveaux établissements. — Auxonne.

Le monastère que le relâchement avait rendu désert, possédait depuis deux ans à peine la réformatrice que déjà l'observance de la règle l'avait entièrement repeuplé. Tout spacieux qu'il fut, il devint trop étroit pour la multitude des âmes généreuses qui venaient se grouper autour de l'humble vierge de Corbie. On put lui adresser ces paroles d'Isaïe i : « Réjouis-toi, stérile, « qui n'enfantes pas ; chante des cantiques de « louange ; pousse des cris de joie, toi qui n'a- « vais pas d'enfants. . . Etends l'enceinte de ton « pavillon ; développe les voiles de tes tentes : « n'épargne rien, allonge les cordages, affermis « tes pieux, tu pénétreras à droite, à gauche ; « ta race possédera l'héritage des nations et ha- « bitera les cités désertes. »

En effet, la communauté amenée de la Balme à Besançon était déjà nombreuse, et beaucoup de sujets se présentèrent immédiatement, comme l'atteste Pierre de Vaux, au ch. vu : « Pour « la multitude et abondance des personnes qui « vinrent pour entrer en la religion, il convint

(1) Isaïe, 54, i

« assez tôt multiplier les couvents tant pour les c frères que pour les sœurs. »

Aussi dès le mois de mai 1410 on se pourvut auprès du cardinal de Thuray, légat d'Alexandre V, d'une permission de fonder de nouvelles maisons dans le diocèse de Besançon ou dans celui de Lyon.

Parmi les premiers sujets admis dans la réforme, nous devons mentionner Marie Chevalier, d'une famille considérable de la cité bourguignonne. Elle fut invitée par une vision à s'adjoindre aux nouvelles religieuses. Aussi généreuse que docile, elle sacrifia un brillant avenir dans le monde, pour embrasser l'austérité et l'humilité des Clarisses. Bientôt cette belle âme, guidée par une maîtresse aussi habile que Colette, fit de grands progrès dans toutes les vertus et parvint à une étroite union avec Dieu. Elle fut favorisée d'extases, de révélations, du don des miracles, et devint une gloire et une lumière de la réforme.

Toutes les classes de la société voyaient avec étonnement l'élite des jeunes personnes se diriger vers le monastère des Clarisses. Colette, comme une colombe parfumée, attirait à elle les âmes pures qui, dans un monde corrompu, ne sachant où se reposer, se réfugiaient d'un vol pressé dans l'arche du salut pour y trouver un abri et la paix. Les filles nobles n'étaient pas les moins empressées à venir se ranger sous la conduite de l'humble Colette. Parmi ses discî-

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