VOCATIONS
pies nous rencontrons les noms de : de Cour- ■celles, de Toulongeon. Ce dernier nom est sans doute celui d'un ancêtre de la noble famille que ses relations intimes avec saint François de Sales, ont couronnée du reflet de l'auréole du Saint. On est heureux de rencontrer ce trait d'union entre sainte Colette et le grand évèque de Genève. La sœur de Toulong-eon fut abbesse -de Besançon lorsque sainte Colette quitta cette ville pour Poligny. On trouvera aux notes une lettre à elle adressée par sa sainte mère.
Le nombre des postulantes fut si grand, que, dès 1410 il fallut refuser des sujets et les faire lang'uir dans une attente pénible et dangereuse. Le P. Henri et sainte Colette sentaient le besoin de fonder une nouvelle maison, mais ils ne pouvaient le faire alors que l'ordre était à peine établi dans celle qu'ils habitaient. D'ailleurs, tout semblait leur manquer pour cette entreprise. Mais au moment choisi par la Providence, le concours qui leur était nécessaire, leur fut offert spontanément.
Margrierite de Bavière, duchesse de Bourgogne, épouse de Jean sans Peur, faisait à Dijon son séjour habituel. Elle entendit naturellement parler des vertus et des miracles de la sainte abbesse. Ses relations d'amitié avec la comtesse de Genève lui facilitèrent la connaissance de tout ce qui concernait la servante de Dieu. D'ailleurs, la famille du P. Henri paraît avoir ■occupé un rang- disting-ué à la cour de Bourg-o-
gne; car, parmi les principaux officiers qui accompagnaient Jean sans Peur à Montereau, on trouve Jean et Jacques de la Balme. Par cette voie encore, la duchesse dut être instruite de ce qui concernait sainte Colette. Ayant donc conçu pour la jeune abbesse une grande vénération, elle désirait beaucoup la voir et contribuer à développer son œuvre, si utile au bonheur des peuples. D'un autre côté, dans le haut rang où elle était placée, elle sentait vivement le besoin de recourir aux prières des amis de Dieu. Les grandeurs avaient pour elle des épines acérées. Les troubles de la France, les intrigues, les alliances avec l'étranger dans lesquelles son époux était engagé, les entreprises souvent coupables de ce prince ambitieux, tenaient la princesse dans de continuelles alarmes. Le choc des ambitions avait fait rejaillir jusque sur elle la boue de la calomnie, et c'était autant pour venger l'outrage fait à son épouse que par calcul politique que Jean sans Peur avait assassiné le duc d'Orléans dans les rues de Paris. (23lSov. 1407). Jean de Rupt, plus connu sous le nom de Guillaume de Vienne, seigneur de Saint-Georges ou Seurre et de Sainte-Croix, premier chamr bellan du duc de Bourgogne, gouvernait la Franche-Comté au nom de ce prince. Ses sentiments élevés et chrétiens lui permettaient de comprendre le désir de sa souveraine et le rendaient digne de s'y associer. Elle le chargea de le réaliser. Il vint à Besançon visiter la réfor-