‹ Saint Colette, sa vie, ses œuvres, son culte son influenceChapitre 75 sur 136 · NOUVEAUX ÉTABLISSEMENTS · texte numérisé non relu

NOUVEAUX ÉTABLISSEMENTS

matrice et obtint facilement ce que sainte Colette désirait elle-même pour le développement de son œuvre, une visite à la duchesse de Bourgogne . La jeune abbesse partit pour Dijon en passant par Gray, résidence ordinaire de Guillaume de Vienne. Dans les conversations de ce voyage, nos deux voyageurs eurent occasion de manifester, l'un son désir de fonder une nouvelle maison de Clarisses, l'autre ses intentions généreuses de contribuer à une entreprise si utile au bien de la religion et à la prospérité temporelle des peuples.

La duchesse de Bourgogne reçut l'humble Colette avec toutes les marques du plus profond respect et d'une pleine confiance dans la puissance de ses prières. Elle lui manifesta le désir qu'elle avait de fonder une maison à Dijon même, afin d'avoir des rapports faciles avec les Clarisses. Mais la prudente abbesse, sans se laisser éblouir par les promesses, ni dominer par les grandeurs, vit à cette fondation des inconvénients qu'elle exposa immédiatement. Son ordre, fondé surlapauvretéetl'humilité, ne s'accommodait pas volontiers des grandes villes, où les visites, plus nombreuses, mettent le recueillement en péril et où les aumônes , trop abondantes, exposent la pauvreté à des atteintes trèsfunestes.

Elle considérait, d'ailleurs, que le voisinage de la cour de Bourgogne augmentait encore ces inconvénients. Il lui fallait des petites villes

fermées, mais modestes, pour jouir d'un calme profond et pouvoir conserver l'esprit de recueillement et de pauvreté. Alors elle put indiquer à la princesse une petite ville de ses domaines, Auxonne, qui remplissait ses conditions et qui désirait une fondation de Clarisseâ. La duchesse convaincue par ces raisons, édifiée de ces sentiments de détachement et d'abnégation, promit, quoique à regret, son concours. Elle se consolait cependant de ne pas réussir pour Dijon, dans la pensée que son château préféré de Rouvre était assez voisin d' Auxonne.

Colette, plus heureuse qu'elle ne l'avait espéré, vint à Auxonne pour choisir un emplacement convenable. Elle était sans doute toujours accompagnée de Guillaume de Vienne. Sur l'emplacement de la vieille monnaie de cette ville, il y avait deux maisons dont l'une, en vente, relevait du duc de Bourgogne et l'autre lui appartenait. Elles parurent suffisantes pour le dessein qu'on avait. Le P. Henri fut envoyé à Paris où était le duc, pour obtenir et l'amortissement et la donation. Il montra que la ferveur de la vie religieuse ne rend point inhabile au maniement des affaires temporelles. Le duc de Bourgogne, à la prière de son épouse et aux sollicitations du P, Henri, signa les lettres d'amortissement et de donation, le 3 août 1412.

Dans le même temps, la comtesse de Genève, persistant toujours dans son désir d'avoir un couvent de Clarisses auprès de son château de

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