‹ Saint Colette, sa vie, ses œuvres, son culte son influenceChapitre 80 sur 136 · LE COUVENT DE DOLE · texte numérisé non relu

LE COUVENT DE DOLE

toujours comme sa plus grande bienfaitrice ; qu'elle y reviendrait bientôt, et que son absence serait de courte durée. Elle put donc partir sans obstacle.

C'est dans ce second voyage à Auxonne, qu'eurent lieu les prodi<rcs que nous allons raconter. Des historiens récents n'ayant pas fait attention au ténioig'nag-e formel de sœur Perrine et aux circonstances qu'elle raconte, les ont à tort rapportés au premier. Ils se sont trompés aussi en disant que cette religieuse était du voyage. Encore enfant, née en 1406, elle n'était pas encore la compag-ne inséparable de la réformatrice, mais elle apprit ce qui se passa alors de la bouche d'Agnès de Veaux et du P. Henri son oncle.

Il paraît, que la sainte réformatrice n'avait pas encore adopté la coutume de voyag-er dans un petit chariot. Elle sortit de Besançon assise sur une monture semblable à celle qui porta le Sauveur du monde au jour de son triomphe. Sans doute que cette pensée la touchait profondément, c'était aussi un triomphe pour elle . Dans son humilité, elle ne pouvait s'empêcher de se réjouir de voir l'œuvre de Dieu se développer.

A peine sortie de Besançon, toute pénétrée d'une abondante effusion des consolations célestes, elle tombe en extase ; elle ne voit plus rien de ce qui se passe auprès d'elle ; elle n'entend plus rien . Merveille plus grande ! son âme, embrasée par cette communication intime avec

Dieu, enveloppée d'un rayon de la majesté divine, semble devancer la résurrection dernière ; elle transfig-ure son corps, du moins en partie,, et sa tète devient toute lumineuse. Les voyageurs, les ouvriers des champs la contemplent dans cette splendeur et la vénèrent comme une sainte ; lui baisent les vêtements et les mains ; mais elle ne sent rien et n'entend point l'expression de leur admiration. Le P. Henri, qui chemine auprès d'elle, reçoit lui-même un reflet de cette splendeur, et, les yeux levés au ciel, paraît, lui aussi, plongé dans une extase semblable.

Sœur Catherine Ruffine et la mère Agnès de Yaulx marchaient à côté de leur abbesse et répondaient pour elle à tous ceux qui se présentaient. Tout le voyage s'accomplit ainsi. Ce ne fut qu'auprès de Dole que le prodige cessa. Revenue de son ravissement, sainte Colette fut toute confuse de se voir entourée d'une multitude lui qui témoignait une profonde vénération; elle le fut encore plus quand elle sut ce qui s'était passé.

Les habitants de Dôle ayant appris en même temps et son arrivée prochaine et les merveilles qui s'accomplissaient en elle, se portèrent en grand nombre à sa rencontre, et lui formant un cortège triomphal, la conduisirent jusqu'à une petite maison, en face du couvent des Franciscains.

Ceux-ci, impatients de posséder la Sainte,

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