‹ Saint Colette, sa vie, ses œuvres, son culte son influenceChapitre 81 sur 136 · LE -COUVENT DE DOLE · texte numérisé non relu

LE -COUVENT DE DOLE

vinrent la chercher processionellement au chant des hymnes et des cantiques pour procurer à toute la communauté le bonheur de la voir et de l't -ntendre. A peine entrée dans la chapelle elle fut encore ravie en extase et les frères en étaient attristés, ne pouvant jouir de ses entretiens spirituels. Revenue à elle-même et conduite dans la salle capitulaire, elle parla avec une onction toute céleste de la noblesse de l'état religieux et des trésors de la pauvreté évang-élique . Elle enflammait les cœurs ; elle s'embrasait elle-même; aussi le feu spirituel qui la consumait audedans, paralysant encore bientôt tous ses sens, la mit tout entière sous l'empire de l'extase. Avant recouvré la liberté de son esprit et l'usage de ses sens, elle insista sur la nécessité de revenir à l'observation absolue de la règle. Dans l'histoire manuscrite de Besançon, l'abbé de Saint-Laurent prétend qu'alors l'apôtre saint Jean serait apparu au milieu de l'assemblée pour confirmer ce que disait la réformatrice. Mais comme il est le premier à affirmer cette apparition et qu'il ne cite point ses autorités, nous lui laissons la responsabilité de cette assertion qui no nous paraît pas suffisamment appuyée. Ni sœur Perrine, ni le P. Pierre de Veaux, ni le P. Sylvère ne parlent de cette intervention de saint Jean l'évang-éliste.

Quoi qu'il en soit de cette circonstance, le ciel s'était assez clairement déclaré en faveur de Colette, et l'Esprit de Dieu qui la dirig-eait, faisait

sentir sa présence d'une manière bien évidente. Tous les religieux présents avaient été ou confirmés dans leur dessein d'embrasser la réforme ou gagnés à cette sainte entreprise. La réformatrice continua le lendemain son voyage vers Auxonne et les mêmes phénomènes naturels se renouvelèrent jusqu'à l'arrivée dans cette ville. Comme elle entrait dans la cité, plusieurs personnages notables par leur rang et leur piété virent une troupe de démons furieux s'enfuir de la ville en criant qu'ils étaient chassés par la servante de Dieu. Les premières grâces dont sainte Colette récompensait l'hospitalité d' Auxonne, étaient des grâces de préservation; bien d'autres devaient être ajoutées à celles-là. Sainte Colette fut mise en possession de ce nouvel asile de la prière, le 28 octobre 1412.

Les travaux du monastère étaient loin d'être terminés ; l'église elle-même dont on bénit et posa la première pierre, le 3 novembre suivant, était à peine commencée. Malgré la générosité des grands qui contribuaient à cette fondation, les ressources vinrent à manquer. Colette aima mieux demander à Dieu qu'aux hommes , et le Seigneur, au lieu de venir à son aide par un intermédiaire humain, comme il arrive ordinairement, voulut lui-même directement fournir aux besoins de sa servante et montrer combien ses œuvres lui étaient agréables. Il lui envoya par ses anges 500 écus d'or. C'est la première fois qu'un tel fait est mentionné dans la vie de

notre Sainte, mais ce n'est pas la dernière. Cette monnaie céleste avait une beauté particulière tant qu'elle n'était pas mêlée au produit de l'industrie humaine.

C'est à Auxonne que la réformatrice récompensa l'obéissance d'une de ses religieuses par un miracle signalé1. Pendant que la sœur Jeanne tirait à un tonneau le vin nécessaire à la communauté, elle entend la sonnette de l'abbesse qui l'appelle. Dans son empressement pour répondre à l'appel, elle oublie de remettre la clef qu'elle tenait à la main. Quand elle revient, elle trouve avec effroi le tonneau vide, et tout en pleura, elle retourne auprès de sa vénérable Mère. Celle-ci lui dit : « Allez voir et examinez bien ce qu'il en est ». La sœur obéissante retrouve le tonneau plein d'un excellent vin, qu'elle attribue aux prières de son abbesse et celle-ci à l'obéissance de sa fille. Après avoir fondé cette maison et en avoir confié la direction à Agnès de Vaux, la réformatrice retourna à Besançon.

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