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JACQUES DE BOURBON ET SA FAMILLE

à Ohambéry, mais la communauté dos Urbanistes, soutenue dos religieux Conventuels, sistasi bien qu'il lui fallut céder. Sainte Colette consola le prince, en lui montrant la sœur Mari'' Chevalier et lui disant : « Voilà la future abbes du monastère de Chambéry. » En 1454 la prédiction s'accomplit. Pour le présent, au lieu d * Chambéry, le duc choisit la petite ville de Vevay, sur le lac de Genève. Une bulle du 13 novembre 1 135 autorisa cette nouvelle fondation. Pour se rendre à Vevay, la pieuse caravane dut passer par Genève. La jeune duchesse de Bourbon, que sainte Colette avait conservée auprès d'elle , s'écria en admirant la beauté de la ville et dos sites qui l'environnent : « Qu'un monast « serait bien placé ici. — Hélas ! ma fille, répon- « dit la sainte, il y en aura un, mais les sœurs « en seront chassées par l'hérésie. » Cette prédiction, conservée par une tradition très constante, se vérifia au siècle suivant, dans des circonstances bien douloureuses pour les filles de Sainte Colette. Mais chassées de Genève, elles s'établirent à Annecy.

En suivant la rive du lac, la vénérable abbesse fut reçue dans une maison de Dominicaines . Toutes les sœurs vinrent au-devant d'elle et lui donnèrent le baiser de charité fraternelle. I d'elles ne se présenta pas. L'humble servante de Dieu s'en aperçut et s'avança vers la religieuse si timide. Celle-ci, encourag-ée, se jeta aussi dans les bras de la sainte ; c'était une lé-

preuse. Elle fut immédiatement guérie par le contact de la séraphique vierge. Il paraît que ce miracle détermina les Dominicaines à demander à sainte Colette de demeurer quelques jours parmi elles pour réformer leur communauté : ce qu'elle fit avec un heureux succès.

A Vevay , les travaux étaient commencés , mais ce qui était fait, était loin d'offrir aux religieuses un asile convenable. La réformatrice ne redoutait pas les privations, les incommod: imposées par les nouvelles fondations.

Un jour, elle appelle précipitamment le P. Henri, et l'envoie en toute hâte au lac, où sa présence était nécessaire. Des ouvriers qui tra portaient des bois pour le monastère, avaient. été surpris par une tempête et ils étaient dans un péril imminent de se noyer. Leur barque était renversée. Le P. Henri fait le signe de la croix, le vent se calme et l'embarcation relevée aborde heureusement.

La maison étant terminée, les novices se présentèrent en grand nombre, attirées par l'éclat des vertus de l'abbesse. Parmi elles se distinguèrent trois jeunes personnes de la noblesse, deux filles et une nièce du baron de la Serra. Xe pouvant obtenir le consentement de leur père, elles se déguisèrent et partirent en sec: de la maison paternelle. Les fugitives furent poursuivies. Heureusement, elles entrèrent près de Vevay dans une chapelle de sainte Marguerite pour invoquer le secours de cette noble per-

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