‹ Saint Colette, sa vie, ses œuvres, son culte son influenceChapitre 95 sur 136 · FONDATION DU MONASTÈRE DE VEVAY · texte numérisé non relu

FONDATION DU MONASTÈRE DE VEVAY

utée. Pendant qu'elles priaient, le baron en grande colère allait redemander ses filles à l'abbesse, qui l'apaisa, le changea tellement, qu'il consentit à les laisser libres de suivre leur vocation. L'une d'elles fut plus tard abbesse de Besançon.

Sainte Colette fit à Vevayune autre conquête non moins illustre et non moins influente sur la société : ce fut Guillemette de Gruyère, duchesse de Valentinois. Depuis 1419, elle était veuve de Louis de Poitiers qui, pour payer ses dettes, avait fait au roi de France une cession plus ou moins volontaire de tous ses Etats. La duchesse, désabusée du monde et de ses fausses grandeurs, conçut le désir de purifier son âme par les austérités du cloître. Elle vint solliciter son admission. La vénérable réformatrice, qui avait d'abord obtenu du Pape une bulle défendant d'admettre dans ses couvents d'autres que des vierges, éprouva longtemps cette noble veuve. Mais, comme la bulle avait été retirée et que la postulante persévérait dans ses sollicitations et se rendait de plus en plus digne de son admission par de solides vertus, elle fut enfin admise et envoyée au monastère de Besançon. Elle avait préludé à son entier dépouillement par des sacrifices généreux. La construction du couvent de Vevay était due en grande partie à ses largesses. On en laissa cependant tout l'honneur au duc Amédée. Quand elle mis ordre à ses affaires, au moment de son

départ définitif pour Besançon, voilà qu'elle est arrêtée par un accident bien extraordinaire. Ses vaux ne peuvent plus marcher, ils sont paralysés, comme cloués sur le sol. Elle envoya un courrier à sainte Colette pour l'informer de obstacle et réclamer ses prières. Au retour de l'envoyé, le charme disparut, et la duchesse arriva heureusement au terme de ses désirs. Après un noviciat très fervent à Besançon, elle fut envoyée à Vevay, qu'elle édifia par ses vertus héroïques. Il semblait, dit sœur Perrine, lie pressentait que peu de temps lui était accordé pour enrichir sa couronne. Elle mourut, en effet, peu d'années après sa profession. Le P. Henri déclara qu'on ne devait pas prier pour elle ; car il savait, par révélation, qu'elle était déjà au ciel.

Pendant le séjour de sainte Colette à Vevay on introduisit dans son oratoire une femme Lée du démon. La sainte abbesse pria pour et, dès ce moment, l'infortunée fut complént délivrée.

Nous avons vu que sainte Colette avait amené L'Ile à Vevay la jeune princesse de Bourlille de l'ex-roi de Naples. Ce prince déjà ;hé et par les lettres de sainte Colette et par les avis du P. Henri rentrait en lui-même et modifiait ses idées, ses désirs et toute sa conduite. Pendant que ce travail s'opérait dans son cœur, l'amour paternel lui inspirait le désir de sa fille et de connaître celle à laquelle

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