CHAPITRE VI
» trouvé ce mot escrit de pierre noire sur le roc , » CLEMIN, et au costé dudict mot y auroit eu quel- » que forme de lettres imprimées dans la pierre avec » la pointe d'un cousteau ou autre ferrement ou il y a » DIO , avec autres lettres suivantes qui ne se peuvent » distinguer. »
4. Ce monument, dont la date ne saurait être main- iaSeî™arnia
, . , i, . • • science moderne
tenant précisée d une manière certaine, puisque nous de ia véracité
, . , i a i i . de Visbius.
n en connaissons plus que le proces-verbal, et une gravure de Jean de Halbeck 4, fai{e au moment de la découverte, semble présenter, dit M. E. Le Blant 2, des caractères analogues à ceux des chapelles souterraines des catacombes de Rome, et rappelle en particulier les sanctuaires importants du cimetière de Saint-Calixte, qui avait servi au troisième siècle de lieu de sépulture à un grand nombre de papes et de martyrs. Le savant auteur n'hésite pas à y voir la confirmation décisive du fait rapporté parHilduin, au sujet du véritable lieu du supplice de saint Denys. « Si mon opinion est partagée, » dit-il, on verra, dans la crypte de Montmartre, un » sanctuaire creusé aux premiers siècles, sur la place » alors sans doute bien connue où saint Denys et ses » compagnons avaient souffert pour la foi 3. »
Le texte d'Hilduin auquel M. Le Blant fait allusion, est tiré de la Yie de saint Denys, composée par ordre de Louis-le-Débonnaire. Il est ainsi conçu : « La glorieuse » et mémorable passion des saints martyrs eut lieu sur » une colline voisine de la ville des Parisii, appelée au- » paravant Mont-de-Mercure, à cause d'une idole de ce
1 Inscript, chrét. de la Gaule, p. 273.
2 Id., p. 274.
3Id., p. 276.
» dieu à laquelle les Gaulois rendaient un culte so- » lennel. Elle a pris maintenant le nom de Montmartre » (Mont des Martyrs), en souvenir de ces saints qui y » souffrirent la mort pour le nom de Jésus-Christ 4. »
On peut rapprocher ce texte d'Hilduin , rappelant le culte rendu par les Gaulois au Mercure du polythéisme grec et latin, d'un passage analogue de Vincent de Beauvais, tiré d'anciens Actes de saint Denys l'Aréopagite, maintenant perdus : «A Arles, dit-il, se trouvait un » temple très-fréquenté des païens, où on rendait un » culte public à une statue du dieu Mars. Denys, en » invoquant le nom du vrai Dieu, et sans aucun effort » humain, renversa cette idole2. » Quant à la tradition qui désigne Montmartre comme le lieu du martyre de saint Denis, il est certain, ainsi que le fait observer M. Ed. Le Blant , que les aréopagitiques d'Hilduin sont le plus ancien monument parvenu jusqu'à nous, qui l'aient mentionnée. Cependant Hilduin n'a pu inventer cette tradition , que la découverte de 1611 est venue si merveilleusement confirmer. Il a dû la trouver consignée dans les monuments qu'il avait sous les yeux. Or les Actes latins si souvent rappelés par nous n'en font aucune mention. Les hymnes de Fortunat et de
1 Quorum memoranda et gloriosissima passio e regione urbis Parisiorura in colle qui antea mons Mercurii, quoniam inibi idolum ipsius principaliter eolebatur a Gallis, nuiic vero mons martyrum vocatur, sanctorum Domini gratià, qui ibidem triumpbale martyrium perpétraient (Vita S. Dionysii Auct. Hild., cap. xxxvi. — Patrol. lat., t. CVI, col. 50.)
2 Hi sancti viri a B. Clémente directi Arelatensium venerunt ad
urbem Erat enim ibi maximse venerationis templum, in quo Mar-
tis statua ab omnibus eolebatur, quam B. Dionysius nullo hominum labore, sed divini nominis invocatione confregit. (Vincent. Belvac. specul. histor. lib. X, cap. xxvn.)