‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 99 sur 160 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

catholique pour le savant auteur. Dans la notice sur Montmartre , M. Le Blant s'exprime ainsi : « Parmi » les auteurs anciens qui ont parlé du martyre de saint » Denys et de ses compagnons, Hilduin, qui écrivait au » neuvième siècle, a le premier désigné Montmartre » comme le lieu de ce martyre. Bien qu'une charte du » roi Robert vienne attester le même fait, bien que » deux églises du titre de Saint-Denys, existant sur la » colline dès le temps de Louis-le-Gros, montrent clai- » rement l'accord de la tradition avec les textes, quel- » ques écrivains modernes, contestant l'autorité d'Hil- » duin, ont cherché ailleurs qu'à Montmartre le lieu » de la passion de saint Denys. Pour moi, habitué par » l'étude à compter sérieusement avec les traditions, » je mettrai sous les yeux du lecteur un fait ancien et » méconnu, qui me paraît contenir l'indication antique » et précise du lieu où l'apôtre des Gaules a souffert » pour la foi, et la preuve de la vénération attachée à » ce lieu dès les premiers âges de l'Eglise *. »

3. Le fait ancien, dont parle M. Le Blant, est anté- tel^fl^nlea rieur à Sirmond. Signalé avec ardeur par les défenseurs XrMontmartfee d'Hilduin, il fut complètement passé sous silence par en<611les adversaires, et sous ce rapport on peut dire avec raison qu'il fut méconnu. Il s'agit de la découverte, en 1611, d'une crypte située sous la chapelle de Montmartre, que le procès-verbal, daté du 5 juillet, et rapporté par Du Breul 2, décrit en ces termes : « Les mas-

1 Inscriptions chrétiennes de la Gaule antérieures au huitième siècle, réunies et annotées par Edmond Le Blant , ouvrage couronné par l'Institut de France. (Académie des Inscriptions et Belles-lettres), Paris, impr. impér., 1856, in-'i°, t. I, p. 370, 271.

2 Le Théâtre des Antiquités de Paris, p. 865. Dussausay et J. Doublet, dans leur défense de la tradition, reproduisirent in extenso le

» sons travaillant aux fondements des murs nécessaires

» pour faire l'accroissement [de la chapelle du mar-

» tyre de monsieur saint Denys et ses compagnons,

» vulgairement dicte la chapelle des saincts martyrs] ,

» auraient trouvé au delà du bout et chef de la dicte

» chapelle, qui regarde du côte du levant, une voulte

» sous laquelle il y a des degrez pour descendre soubs

» terre en une cave... en laquelle... serions descendu...

» trente-sept degrez... et aurions trouvé une cave ou

» caverne prise dans un roc de piastre... laquelle a de

» longueur trente -deux pieds... huit pieds de lar-

» geur, etc.. Dans laquelle cave, du côté de l'orient,

» il y a une pierre de piastre bicornue , qui a quatre

» pieds de long, et deux pieds et demy de large, prise

» par son milieu, ayant six poulses d'espoisseur, au

» dessus de laquelle au milieu il y a une croix gravée

» avec un sizeau , qui a six poulses en quarré de lon-

» gueur, et demy poulse de largeur. Icelle pierre est

» élevée sur deux pierres de chacun costé, de moillon

» de pierre dure , de trois pieds de hault , appuyée

» contre la roche de piastre , en forme de table ou

» autel : et est distant de ladicte montée de cinq pieds.

» Yers le bout de laquelle cave, à la main droicte de

» l'entrée, il y a dans la dicte roche de pierre une croix,

» imprimée avec un poinson ou cousteau, ou autre

» ferrement; et y sont ensuite ces lettres MAR. Il y a

» apparence, d'autres qui suivoient, mais on ne les

» peut discerner. Au même costé, un peu distant de la

» susdicte croix, au bout de la dicte cave, en entrant,

» à la distance de vingt-quatre pieds dès l'entrée s'est

fait signalé par M. Le Blant, sans que jamais leurs adversaires aient daigné leur répondre.

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