‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 107 sur 160 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

» qu'il est sur la trace d'une fraude pieuse au sujet de

» l'hymne de saint Eugène, évêque de Tolède, en

» l'honneur de saint Denys l'Aréopagite, accumule à

» son ordinaire les calomnies les plus gratuites contre

» Hilduin. Ce dernier, dans ses Aréopagitiques , pour

» confirmer l'identité de saint Denys de Paris avec

» l'Aréopagite, citait une hymne de saint Eugène de

» Tolède , sans distinguer expressément saint Eu-

» gène Ier, évêque et martyr, de saint Eugène II,

» évêque et confesseur. Or, dans la Yie manuscrite de

» saint Eugène Ier, évêque et martyr, conservée au

» monastère de Saint-Remi de Reims, et citée par

» Launoy lui-même , on note parmi les ouvrages du

» saint évêque l'hymne commençant par ces mots :

hàc épigraphe : Eymnus Eugenii Toletani episcopi de S. Dionysio , çompositus rhythmice. Quare cum ejusmodi hymnus, quem tribuit Hilduinus Eugenio Toletano, nullà martyris factâ mentione, reperiatur, etsi non exstet in editione Sirmondi, frustra accusatur imposturee Hilduinus a discussore , presertim cum ejus sententia facile de Eugenio juniore alterius Eugenii, non martyris, sed confessons proximo successore (très enim olim in sede Toletanâ fuerunt Eugenii), explicari possit. Et sic nullus superabit calumniœ locus. Cum autem hic Eugenius , hymni Dionysiani scriptor, fioruerit anno Domini dcl circiter, longe ante Carolum Magnum, et in hoc hymno manifeste asserit Dionysium nostrum Areopagitam esse , jam habet quod quaerit discussor, nempe hujus sententiae auctorem, qui ante Caroli Magni aetatem vixerit. Sic vero loquitur Eugenius :

Cœli cives applaudite Régis sumpsit diadema,

Mundi jucundo lumini , Cœlestis gemmam fulgidam

Quo illustratur cœlitus Dionysium sophistam, etc.

Hujus diei gratia, etc. Clémente Romce prsesule

Areopago Athense Jubente, venit Galliam, etc.

De hoc autem Eugenio Juniore Toletano pontifice agit S. Hildephonsus, Toletanus etiam pontifex , libro De Viris illustribus , ubi inter ejus opéra libellum carminum recenset. ( Hugues Ménard. De unico S. Dionysio diatriba , in -8° 1643. Exempl. de la Ribl. Sainte-Geneviève, cap. xvm, § vin, p. 189, 190, 191.)

Cœli cives applaudite Mundi jucundo lumini1,

» et une autre pièce de vers commençant ainsi :

Rex Deus hnmensi quo constat machina mundi Quod miser Eugenius posco, tu perfice clemens.

» Les derniers vers se trouvent parmi les opuscules de » saint Eugène II , publiés par le P. Sirmond ; mais » l'hymne en l'honneur de saint Denys ne s'y ren- » contre pas. Cependant l'indication simultanée des » deux poèmes attribués par le manuscrit de Reims à » saint Eugène Ier, prouve une équivoque de l'auteur, » trompé de bonne foi par l'identité des deux noms, » sans aucune intention frauduleuse. Ceci nous est » confirmé par deux anciens manuscrits de Saint-Ger- » main-des-Prés et de Saint-Père-de-Chartres (car je » ne veux pas me prévaloir de ceux du monastère de » Saint- Denys) où cette hymne se trouve, à la suite » des Aréopagitiques d'Hilduin, avec ce titre : Hymnus » Eugenii Toletani episcopi de S. Diomjsio compositus » rhythmice. La découverte de cette hymne dans les » conditions mêmes d'Hilduin, c'est-à-dire sans la dis- » tinction entre les deux Eugène, et sans la désignation » spéciale du martyr ou du confesseur, démontre qu'on » ne saurait accuser Hilduin d'imposture , quoique » l'hymne ne se trouve point dans l'édition de Sir- » niond. Trois évêques du nom d'Eugène se sont suc- » cédé sur le siège de Tolède ; cette circonstance a pu » facilement donner lieu à une méprise sur le véri-

1 Ce sont réellement les premières paroles de l'hymne de saint Eugène de Tolède.

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