CHAPITRE VI
» d'Athènes, est devenu l'un des plus beaux fleurons » de la couronne du roi des cieux *.
» A la voix de saint Paul, la foi du Christ compte » un modèle de plus pour les fidèles ; le paganisme » rencontre un adversaire dans celui qui avait été son » rempart.
» La Grèce fut illuminée par l'éclat de sa science » admirable; l'illustre Pontife la quitta pour venir » à Rome.
» Un ordre de Clément, le Pontife romain, l'envoya » dans les Gaules ; comme le soleil éclate à son midi , » ainsi brilla le saint par l'éclat de ses miracles et de sa » doctrine.
» Enfin après avoir renversé le règne du démon, et » élevé un saint ouvrage, le martyr, après les plus
1 Le texte publié par le P. Halloix ,
Areopago Ecclesia Régis sumpsit diadema Cœlestis gemmam fulgidara Dionysium sophistam.
Dans celui du manuscrit de la Bibliothèque impériale , le premier vers de cette strophe est ainsi conçu :
Areopago Athenœ, etc.
Cette dernière leçon est aussi celle que citent Dussaussay, Hugues Ménard, et après lui Noël Alexandre. (Hist. EccL> Lucques et Naples 1740. in-4°, t. V, p. 366, 367.) Nous la croyons la plus ancienne.
Le goût des rimes dans les hymnes et la prose de l'Eglise se répandit assez généralement dans les siècles postérieurs ; en sorte qu'on peut supposer que le copiste plus moderne du manuscrit dont parle le P. Halloix aura cru faire un heureux changement au texte primitif, en substituant au mot : Athenœ celui d' Ecclesia, qui présentait une désinence identique avec celui de Diadema, du vers suivant. Quoi qu'il en soit, cette variante, tout en rendant moins régulière la construction de la phrase , ne change rien au sens de la strophe , et conserve toute sa force au témoignage de S. Eugène en faveur de l'aréopagitisme.
» cruels tourments, eut la tête tranchée et monta aux » cieux1.
» Salut, ô Père, qui montez vers les cieux; salut, » miséricordieux protecteur, qui abaissez encore sur » nous vos regards, et qui consacrez par votre présence » cette fête annuelle.
» Offrez, prêtre sans tache, nos gémissements et nos » prières à Jésus-Christ ; martyr de Dieu , affermissez » notre foi et corrigez nos mœurs.
» Soyez le pilote de nos frêles barques, au milieu de » cette mer du monde, et recevez-nous avec bonté, le » jour où nous serons délivrés des liens du corps.
» Afin que nous chantions éternellement avec vous :
1 Le P. Halloix donne ainsi cette strophe :
Tandem repulso dœmone, Constructo sacro opère, Pœnis affectus maximis , Cœsà cervice cœlum adit.
Le texte reproduit par Dussaussay porte pour le dernier vers :
Cœsà cervice cœlum petiit.
Celui du manuscrit de la Bibliothèque Impériale :
Cœsà cervice cœlum petit.
Hugues Ménard n'ayant cité qu'un fragment de l'hymne , ne reproduit pas cette strophe. Il est donc impossible de contrôler ce passage avec la leçon que fournissaient les deux manuscrits de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Père-de-Chartres , cités par lui. Le texte du P. Halloix nous semble offrir encore ici la trace d'une correction postérieure au texte primitif. Le dernier vers n'a pas une mesure régulière; il est probable qu'on le chantait d'abord en élidant le redoublement des deux syllabes consonnantes qui s'y rencontrent; de cette manière :
Cœsà cervice cœlum petit.
Plus tard , pour éviter cette difficulté de chant , on aura substitué au mot primitif : petit, le synonyme : adit, qui rétablissait la mesure du vers , sans rien changer au sens.