‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 111 sur 160 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

» Gloire à Dieu le Père, au Fils, en union avec le Saint- » Esprit. Ainsi soit-il 1 . »

1 Nous donnons ici le texte latin de l'hymne , d'après la copie exacte du manuscrit 2832 de la Bibliothèque Impériale , en l'accompagnant de toutes les variantes empruntées aux textes publiés par Hugues Ménard , Dussaussay et le P. Halloix.

Ymnus Eugenii Epi de Scô Donisio1.

Geli 2 cives applaudite 3 Cui jubar solis splendidi

Mundi jocundo * lumini, Inluxit signis, famine 16. Quo inlustratur 3 celitus 6 Tandem repulso demone 17 ,

Hujus diei gracia. Constructo sacro opère,

Precelsa 7 fides marlyris, Pénis 18 affectus maximis

Sacri que vita antistitis, Cesà 19 cervice celum 20 petit 21 . Dionisii nobilis Ave , Pater scandens polum ,

Hodie palmam suscepit. Ave , pie visens solum ,

Areopago 8 Athense 9 Annua festi munera

Régis sumpsit diadema Taa sacrans presencia 22. Celestis 10, gemmam fulgidam, Offer, sacerdos optime ,

Dionisium sophistam. Gemitus nostros et preces ;

Paulo docente , spéculum Firma fidem, martyr Dei,

Habet fides fidelium , Moresque nostros corrige. Et spiculum 11 gentilitas Ope guberna fragiles

Quein ante murum noverat. In mundi hujus pelago ;

Miro clarescens dogmate Atque exutos corpore,

Inluminavit 12 Greciani13, Pie, benignus suscipe. Et inclitus hinc pontifex Quo, sine fine, gloriam

Urbem Romanam 14 adiit. Deo Patri cum Filio ,

Clémente Romse presule 5 Una cum sancto Spiritu ,

Jubente , venit Galliam, Tecumcanamusperpetim. Amen.

Variantes.

1 Hugues Ménard dit que dans les deux manuscrits très-anci.ens où il a trouvé cette hymne ; elle portait pour titre : Hymnus Eugenii Toletani Episcopi de S. Dionysio compositus rhythmice (Diatriba de unico Dionysio, p. 190, 191. M. l'abbé Arbellot, Annales de philos, chrét., juillet 1855, p. 74). 2 Cœli : Hal. Duss. Mesn. 3 Adplaudite : Duss. 4 Jucundo : Hall. Men. 5 Illustratur : Hall. Men. 6 Cœlitus : HalL Mesn. Duss. — Gratia : Hall. Men. Duss. 7. Prœcelsa : Hall. Duss. 8 Areipago : Duss. 9 Ecclesia : Hall. 10 Cœlestis : Hall. Duss. 11 Spéculum : Duss. évidemment par une faute de copiste. 18. Illuminavit : Hall. Duss. 13 Grœtiam : Hall. Duss. 14 Romam tune : Hall. 1S Prœsule : Hall. Duss. 16 Flamine : Hall. Duss. M. l'abbé Arbellot lit lumine, mais il nous semble que le texte du manuscrit est réellement famine. C'est ainsi que porte notre copie, relevée sur l'original, avant que nous eussions connaissance de son travail. Ducange interprète le substantif : Famen par les mots : Verbum, sermo. 17 Dœm,one : Hall. Duss. 18 Pœnis : Hall. Duss. 19 Cœsà : Hall. Duss. 20 Cœlum : Hall. Duss. 21 Adit : Hall. Petiit : Duss. 2* Prœsentia / Hall. Duss.

matérPieiieibdeéia ^ es* ce monutnent <îue n°us apporte, après de

ieScetPteSihymne s* ^0ÎÎDS débats, un manuscrit dix fois séculaire. La date P"rSein neuvième siècle est contemporaine d'Hilduin; nous historiquement. ayons donc gous leg yeux ptjvmne d'Eugène de Tolède,

telle qu'elle fut transcrite pour Louis-le-Débonnaire. Si cette hymne n'est qu'une pièce apocryphe, ce ne peut être qu'Hilduin qui l'a inventée, en 837. Or, on peut arriver à prouver invinciblement l'impossibilité d'une pareille supposition par Hilduin.

Deux ans avant que cet abbé de Saint-Denys ne travaillât à ses Aréopagitiques , en 835, Louis-le-Débonnaire, dans la lettre que nous avons citée, lui parle en ces termes : « Vous joindrez à la collection des monuj> ments relatifs à saint Denys, et dans un volume sé- » paré1, les hymnes que vous possédez en l'honneur » de ce glorieux martyr. » Yolumus ut revelationem, etc., unâ cum hymnis quos de hoc gloriosissimo martyre atque pontiiîce habes, in altero volumine. L'empereur connaissait donc en 835 l'existence de ces

1 Le travail demandé à Hilduin par Louis-le-Débonnaire avait un double objet : 1° de composer d'un style uniforme une Vie de saint Denys entièrement puisée aux monuments et aux sources historiques ; 2° de réunir en un volume distinct tous les monuments qui lui.auraient servi pour son travail. — La première partie de l'ouvrage d'Hilduin est seule arrivée jusqu'à nous ; la seconde , celle qui eût été sans contredit la plus importante, au point de vue de la critique, puisqu'elle se composait de ce que nous nommons aujourd'hui les Pièces justificatives , est perdue. L'absence de cette précieuse collection est peut-être ce qui a le plus aidé au triomphe du système de Launoy. Il a fallu attendre jusqu'en 1786 l'édition des œuvres de Fortunat, par Luchi, pour être fixé sur l'authenticité de l'hymne de l'évêque de Poitiers, en l'honneur de saint Denys, citée par Hilduin. Il a fallu attendre jusqu'en 1855 l'heureuse découverte de M. l'abbé Arbellot, pour être convaincu que l'hymne de saint Eugène de Tolède , en faveur de l'aréopagitisme , n'était pas plus que la précédente l'œuvre d'une supercherie de couvent.

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