‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 115 sur 160 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

stère de saint Denys pouvait facilement avoir conservé

le manuscrit original que lui avait envoyé l'Eglise de

Tolède, fille spirituelle de celle de Paris, puisque saint

Eugène Ier, son fondateur, était disciple de saint Denys 4 .

Le titre, inexpliqué en 837, nous fournit donc la double

preuve de la bonne foi et de Terreur involontaire d'Hil-

duin; et l'hymne de l'évêque de Tolède en l'honneur

de l'apôtre de Paris, vient reprendre son rang parmi

les monuments les plus authentiques du septième siècle.

17. Mabillon a publié la lettre suivante, adressée par Deux autres témoignages anté-

l'archevêque de Reims, Hincmar. à l'empereur Charles- rieurs à Hiidum.

7 r Lettre d'Hinc-

le-ChaUVe : mar' archevêque

de Reims , au

« Au seigneur glorieux Charles, empereur auguste, ^siinlsaMtS8 » Hincmar, évêque indigne de Reims , et serviteur du de Meaux* » peuple de Dieu :

» J'ai lu la Passion du bienheureux Denys, écrite » en grec par Méthodius, envoyé de Constantinople à » Rome, et traduite en latin par le savant Anastase, » versé dans les deux langues, et bibliothécaire du » siège apostolique. J'ai reconnu que cette passion » s'accordait avec ce que j'ai lu moi-même dans ma )> jeunesse, au sujet des témoins, qui transmirent les » Actes du martyre de saint Denys et de ses com- » pagnons à la connaissance de l'Eglise romaine, d'où » elle passa ensuite aux Grecs. L'année même de votre » naissance, au palais de Francfort, l'évêché de la ville

1 On lit dans le Martyrologe romain, au 17 des calendes de décembre : (15 novembre.) « Natalis S. Eugenii episcopi Toletani et » martyris, beati Dionysii Areopagitae discipuli, qui in territorio Pa- » risiensi consummato martyrii cursu, beatee passionis coronam per- » cepit a Domino , cujus corpus Toletum postea fuit translatum. » — [Martyr, rom. Gregor. XIII, jussu edit. Romœ., 1586. in-fol., p. 515.

» de Meaux fut confié à Hubert, préchantre de la

» chapelle impériale. La vieillesse et les infirmités de

» Tévêque Hildéric, son prédécesseur, avaient laissé

» cette église dans un assez triste état, sous le rapport

» de la science et de la piété; les édifices sacrés n'a-

» vaient point été convenablement entretenus. Hu-

» bert7 pour remédier à ces désordres, obtint de mon

» seigneur et père spirituel Hilduin , maître des clercs

» du palais impérial , qu'on lui adjoignît un clerc ,

» nommé Yandelmar, formé à la science ecclésiastique

» au monastère de Saint-Denys, sous la direction du

» savant Teugarius. Il le chargea de l'éducation des

» clercs de Meaux, et lui donna en bénéfice l'abbaye de

» Saint-Sanctin, dans son diocèse. Vandelmar trouva

» dans son abbaye des manuscrits fort usés, contenant

» la vie et les Actes du bienheureux Sanctin. Les

» caractères en étaient presque effacés. Sa liaison avec

» moi, et le goût des manuscrits qu'il me connaissait

» le déterminèrent à nie les envoyer, pour les dé-

» chiffrer et les transcrire sur de nouveaux parche-

» mins. Je le fis avec soin, et lui renvoyai ces Actes

» transcrits par moi. Mais comme Vandelmar est mort

» depuis longtemps, et qu'il termina sa vie avant Hu-

» bert lui-même, que d'ailleurs j'ai appris que l'abbaye

» de Saint-Sanctin a été dans ces derniers temps dé-

» vastée par les Normands, qui la brûlèrent en partie

» et la pillèrent, je ne sais si les anciens manuscrits ou

» les copies que j'en avais faites existent encore; c'est

» pourquoi je vous envoie une de celles que j'avais

» gardées pour moi-même, afin que s'il restait encore

» quelques personnes qui pussent mettre en doute que

» notre père et seigneur saint Denys ne soit l'Aréopa-

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