‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 13 sur 160 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

7. C'est qu'en effet la voie de suppression, toute facile L^te de25o,

1 ■ : pour la prédica-

et commode qu'elle puisse paraître au premier abord, jjj Jj^fo» entraînerait ici d'effrayantes conséquences. La page ^SJjJSSufi! authentique de saint Cyprien que nous venons de citer est embarrassante pour les adversaires de l'apostolicité de nos Eglises. Mais enfin, si elle était le seul témoignage de l'antiquité qui fit remonter nos origines chrétiennes au-delà du troisième siècle; si tous les autres monuments étaient unanimes à faire arriver saint Trophime à Arles, seulement en 250, malgré l'autorité du grand nom de saint Cyprien, malgré le caractère si explicite, le sens si précis, si naturel de sa lettre, la conscience de l'historien hésiterait encore dans son jugement. On se souviendrait de l'axiome : Testis unns, testis nullus. Mais c'est précisément le contraire qui a lieu ici. L'opinion qui fait évangéliser pour la première fois les Gaules l'an 250 de notre ère ne s'appuie, comme le dit Baluze, que sur un seul témoignage explicite, celui de saint Grégoire de Tours, écrivain de la fin du sixième siècle 4. A ce témoignage

Monasteriensis , Victorino (Mss). Preeterea stili ejus cum eaeteris sumnia consensio , ut etiain Nicol. Rigaltius atque Oxoniensis editor observarunt, et verborum ac sententiarum Cypriano familiarium usus de vero ejus parente dubitare nos non siuit. Hinc moveri nullus débet conjecturis , quibus Joannes Launoius epistolam tôt momenlis l'ultam Cypriano abjudicare nititur. Inde potius clarissimi bujus viri opinio, quà Tropbimum Arelatensi Ecclesia Stepbani temporibus profuisse censet, corrigenda est. Certe anno 450, adeoque longe ante GregoriumTuronensem, cujus inpriniis auctoritate nititur Launoius, episcopi Provinéiee ad Leonem papani scribentes, Tropbimum a B. Petro Arelatem missum pro certo habebant. (Baluzius. In op. S. Cypr., notée.— Patrol. lat., t. III, col. 990,991.)

1 Saint Grégoire fut élu évèque de Tours en 577 et mourut entre 593 et 595. La date de sa naissance n'est pas fixée d'une manière certaine. Originaire d'Auvergne, il naquit, suivant les uns, en 539 ; suivant les autres en 544.

unique on sacrifie celui de saint Cyprien, qui écrit, en 254, à propos d'un fait contemporain. Il faut lui sacrifier de même celui de Tertullien, qui parle vers l'an 200, « des diverses nations des Gaules, soumises à la foi; y) il faut lui sacrifier celui de saint Irénée, écrivant au sein même des Gaules vers l'an 170, et parlant « des Eglises fondées chez les Celtes » hœ quœ in Celtis; il faut lui sacrifier la lettre de ce même saint Irénée, au nom du concile des Gaules, rapportée par Eusèbe; il faut lui sacrifier l'argument de la catholicité de la foi, invoqué avec tant de confiance par saint Justin, en l'an 140, par Hégésippe, par Eusèbe de Césarée, Tertullien et saint Hilaire. Et cependant, les textes si précis de ces divers auteurs sont tirés de leurs ouvrages les plus authentiques. \J Apologétique et le Traité contre les juifs de Tertullien ; le Livre contre les hérésies de saint Irénée ; le Dialogue avec Tryphon de saint Justin; Y Histoire ecclésiastique et la Démonstration évangélique d'Eusèbe de Césarée ont toujours été reconnus comme tels par la tradition de l'antiquité aussi bien que par la critique la plus sévère de la science moderne. Les extraits de ces divers écrits, cités plus haut, sont tellement unis au contexte, tellement à l'abri du soupçon même d'interpolation qu'on n'a jamais songé à élever, à leur sujet, la moindre objection de ce genre.

Mais du moins des sacrifices si multipliés, si héroïques seront-ils les seuls qu'il nous faudra faire? Hélas! non. Nous n'avons qu'effleuré encore cette longue liste d'illustres témoins. Nous allons continuer à la passer en revue; et les sacrifices, jusqu'ici partiels, vont devenir une véritable hécatombe.

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