‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 134 sur 160 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

» le corps vénérable repose dans votre église, est » celui de l'Aréopagite, qui fut converti par l'apôtre » saint Paul. Quelques-uns disent que Denys l'Aréo- » pagite mourut en Grèce et y reçut la sépulture, et » que ce fut un autre Denys qui prêcha la foi de Jésus- » Christ aux peuples de la France. Les autres croient » que Denys l'Aréopagite, après la mort de saint Paul, » vint à Rome, et fut envoyé dans les Gaules par le » pape saint Clément; et que ce fut un autre Denys » qui mourut en Grèce, et qui y reçut la sépulture. » L'un et l'autre auraient été éclatants en œuvres, et » illustres par leur prédication. Pour nous, ne voulant » rien préjuger de la question, mais désirant honorer » votre monastère, qui relève immédiatement de l'E- » glise romaine, nous vous envoyons par nos chers

nulla de esetero remaneat dubitatio, quin sacrce beati Dionysii Areopagitse reliquiae apud vestram monasterium habeantur... Data Laterani pridie non. Jannarii , pontificatus nostri anno xvm. (André Duchesse. In Abœ lard, oper., notée. Epist. I. — Patrol. lat., t.CLXXVM, col. 154. ) Cette bulle d'Innocent III ne se trouve point dans le Bifilaire romain. Son authenticité est par conséquent au moins trèsdouteuse : nous pourrions reproduire ici toutes les raisons qui la font suspecter. Mais nous préférons, pour montrer plus clairement la surabondance des preuves en faveur de l'aréopagitismc , discuter ce texte comme s'il était indubitable, ne fut-ce que pour mieux établir la différence de notre argumentation avec celle des adversaires qui ont'successivement attaqué l'authenticité de tous les textes, jusqu'à ce qu'enfin, accablés sous le nombre , il leur a fallu jeter à toute la tradition le fameux reproche : Monachi fabulati sunt. Cependant, pour rester fidèle à la vérité, nous devons avertir le lecteur qu'il trouvera dans YHistoire de l'Abbaye de Saint-Denys, par D. Félibien, pièces justificatives, p. 219 , le récit de la translation des reliques envoyées par Innocent III. Elles furent reçues en grande pompe par l'abbé Hémeric, le 22 février 1216. On chanta à la messe solennelle l'office de saint Denys, évèque de Corinthe; et elles furent depuis exposées à la vénération des fidèles sous le nom de ce saint confesseur.

» fils, le prieur Hémeric et quelques autres religieux » de votre monastère qui l'ont accompagné au concile » général, le corps précieux de saint Denys, que Pierre » [de Capoue] , cardinal-prêtre du titre de Saint - » Marcel, de bonne mémoire, autrefois légat du siège » apostolique, rapporta de Grèce à Rome, afin qu'ayant » des reliques des deux saints Denys, il ne puisse » rester à l'avenir aucun doute que vous ne possédiez » dans votre monastère les reliques de saint Denys

» FAréopagite Donné à Latran, la veille des nones

» de janvier, la dix-huitième année de notre ponti- » ficat. »

du p^sSnd 1 7 • Telle est la lettre d'Innocent III. Son texte prouve d'iMoclnt hlg évidemment que l'opinion de Faréopagitisme était dès lors de beaucoup la plus commune. « Quelques-uns, » dit en effet l'illustre pontife, croient que saint Denys » FAréopagite est mort en Grèce , mais les autres » affirment qu'il est venu évangéliser les Gaules. » Cependant le P. Sirmond essaie, à propos de cette bulle, une véritable logomachie que nous traduisons fidèlement : « J'en appelle1, dit-il, à votre bonne foi; au- » quel des deux Denys appartiennent les reliques ap- » portées de Grèce à Rome par Pierre de Capoue , et » envoyées à votre monastère par Innocent III? Vous » avez coutume de dire qu'elles sont de saint Denys de

1 Fidem vestram interrogo, cujusnam Dionysii reliquias a Petro Capueno Romam allatas e Grœcia, et ad vos missas credatis ab lnnocentio? Gorinthiura dicere soletis, sic enim loqui vos oportebat , ne areopagitam fateamini. At quis vobis iEdipus de Corinthio renimtiavit, cum Innocentius non explicet? Deinde qui convenit, ut delato ad vos Dionysii Corinttui corpore , areopagitœ corpus apud vos sine dubitatione futurum dicat Innocentius, si apud vos antea non erat. (Sirmond. dissertatio de duobus Dionysiis. Edit. jam cit. p. 50-51.)

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