‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 15 sur 160 · CHAPITRE f · texte numérisé non relu

CHAPITRE f

saint Trophime a été envoyé par les apôtres : ab apostolis missum. Saint Léon -le -Grand pouvait , comme ses prédécesseurs et ses successeurs , porter le titre

apostolique , mais non celui à? apôtre. Jamais on n'a donné, depuis saint Pierre, à aucun pape, le nom de Beatissimus Petrus, princeps apostolorum. Il n'y a donc pas d'équivoque possible. D'ailleurs, en supposant qu'on réussirait à entasser assez de nuages sur ce texte si lucide, et qu'on l'obscurcirait assez pour ne voir dans l'expression : le bienheureux Pierre, prince des apôtres, qu'une figure désignant en général le siège apostolique, la thèse n'aurait pas avancé d'un pas; car la lettre du concile d'Arles n'aurait plus aucun sens. Que demandent les évêques au pape saint Léon? La confirmation des privilèges de leur métropole, fondés sur l'antiquité du siège d'Arles, et attaqués par l'Eglise de Vienne. Or, en 177, sous le règne de Lucius Vérus, l'Eglise de Vienne était une des plus importantes des Gaules, d'après le témoignage irrécusable d'Eusèbe de Césarée, qui cite en entier la lettre des fidèles de Lyon et de Vienne aux chrétientés d'Asie 4 . Comment donc l'Eglise d'Arles eut-elle pu revendiquer sur celle de Vienne un privilège d'antiquité, si saint Trophime n'eut été envoyé à Arles par les successeurs du bienheureux Pierre apôtre qu'en 256?

9. Les dix-sept évêques de la province d'Arles en Témoignage appellent aux décrets du siège apostolique promulgués P («7). yme antérieurement sur cette question, et conservés, disentils, dans les archives de Rome. Ces décrets en existet — il des traces? Nous sommes bien obligé de répondre

1 Eusebii Csesar., Hist. Ecoles., lib. V, cap. r. — Patrol. grœca., t. XX, col. 407.

Témoignage

d'Adon de Vienne.

Témoignage d'Usuard.

affirmativement. Oui, en 417, le pape Zozime écrivait : « On ne doit, sous aucun prétexte, déroger à l'antique » privilège de la ville métropolitaine d'Arles. C'est » à elle la première que fut envoyé, de ce siège, le » grand pontife Trophime, et, de cette source, les ruis- » seaux de la foi se répandirent pour arroser toutes les » Gaules 1 . »

Ces paroles du pape Zozime ont-elles été recueillies par l'érudition ecclésiastique des siècles qui suivirent ; ont-elles éveillé dans les générations un écho retentissant? Oui encore, et à tel point que saint Adon de Vienne les insère textuellement dans son martyrologe. « Le IV des calendes de janvier (29 décembre), dit- il, » fête de saint Trophime, dont parle saint Paul dans » l'Epître à Timothée : J'ai laissé Trophime malade à » Milet (II Timoth., iv, 20). Ordonné évêque à Rome, » par les apôtres, il fut envoyé le premier à Arles, ville » des Gaules, pour y prêcher l'Evangile du Christ. » C'est de cette source, comme l'écrit le bienheureux » pape Zozime, que les ruisseaux de la foi se répan- » dirent pour arroser toutes les Gaules 2. Il s'endormit » en paix dans cette ville. » Usuard, dans son martyrologe , reproduit également ces paroles célèbres :

1 Sane quoniam métropolitain Arelatensium urbi vêtus privilegium minime derogandum est, ad quam primum, ex hâc sede, Trophimus , summus antistes , ex cujus fonte totœ Galliœ fidei rivulos acceperunt, directus est. (Sirmond., Concil. antiq. Galliœ, 1629. t. I, p. 42, 43.)

2 IV Kalendas Januarii. Natalis sancti Trophimi de quo scribit apostolus ad Timotheum : Trophimum autem reliqui infirmum Mileti. Hic , ab apostolis ordiuatus episcopus , primus ad Arelatem , urbem Galliae , ob Ghristi Evangelium praedicandum , directus est. Ex cujus fonte, ut beatus papa Zozimus scribit, totœ Galliœ fidei rivulos acceperunt; qui apud eamdem urbem in pace quievit. (Martyr. S. Adonis Vienn. — Patrol. lai., t. CXXIII, col. 194. )

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