CHAPITRE I
C'est ainsi que la science réparatrice de notre époque retrouve sous la poussière d'un manuscrit oriental les titres oubliés ou méconnus de nos gloires de l'Occident! Le cardinal Mai, d'immortelle mémoire, avait déjà publié cet antique monument d'après un manuscrit syriaque du treizième siècle, conservé au Vatican. En apprenant que les déserts de Nitrie lui envoyaient une confirmation aussi inattendue qu'éclatante de ses nobles travaux, l'illustre cardinal s'écriait : « Ma joie » est grande de voir un texte syriaque du sixième » siècle prêter son appui au manuscrit du treizième. » Son autorité s'augmente avec l'âge *. » N'avions-nous pas raison de dire que le temps et la science moderne conspirent pour la réhabilitation de nos origines ecclésiastiques?
Quoi qu'il en soit, nous allons maintenant passer à l'examen du texte de saint Grégoire de Tours , qui donna naissance à toute cette polémique, et qui, depuis cent cinquante ans, a prévalu sur la tradition tout entière.
1 Quod hoc opusculum in romano chartaceo codice, cum Ebediesu saeculi XIII auctore copulatum, nunc in codice saeculi VI aut VII a doctis quoque Anglis compertum fuerit , sane gaudeo ; sic enim ejus cum œtate augetur auctorilas. (Angel. Mai. Notae ad librum Eusebii Gaesariensis. De Theophaniâ. — Patrol. grœc, t. XXIV, col. 627, not. 47.)