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CHAPITRE III

de Dèce, fut donc de notoriété universelle parmi tous les chroniqueurs et les hagiographes. Ainsi nous avons le droit de nous attendre à le voir consigné parmi tant de documents que la suite des siècles va dérouler sous nos yeux. Les Actes de saint Denys, les martyrologes, les diplômes des rois, les offices liturgiques, les diptyques particuliers des Eglises, les cartulaires des abbayes, les textes des sermonnaires , des annalistes laïques ou ecclésiastiques ont dû l'enregistrer. Si tous leurs témoignages, ou du moins la majorité d'entre eux, s'accordent à nous dire, avec Grégoire de Tours, que saint Denys fut envoyé à Paris sous le règne de l'empereur Dèce, nous acceptons d'avance leur décision, et nous en proclamerons hautement la légitimité.

Mais, s'il arrivait qu'aucun de leurs témoignages, aucun martyrologe, aucun des Actes connus de saint Denys, aucun écrivain, antérieur ou postérieur à saint Grégoire de Tours, jusqu'au calvinisme et à Launoy, aucun monument de la tradition romaine, grecque, gallicane, germanique, aucune voix enfin parmi tous les échos du passé que nous allons interroger, ne s'élevât pour confirmer l'assertion de l'évêque de Tours ; s'il arrivait que tous, unanimement, sans divergences, sans équivoque , tinssent un langage complètement différent du sien , nous ne verrions pas par quel héroïsme de bonne volonté on pourrait sacrifier à l'autorité d'une seule parole l'ensemble de tant de faits, de monuments et d'autorités contraires. A moins de renverser toutes les notions reçues en histoire et les éléments de la logique la plus vulgaire, il faut bien reconnaître que la concordance des témoignages de

toutes les époques, de toutes les traditions, de toutes les origines, à propos d'un fait important et notoire, est le seul élément qui constitue la certitude historique. Ce n'est point ici une question de parti; les querelles d'opinion n'ont rien à voir dans un pareil débat. Il s'agit d'un fait à éclaircir en remontant aux sources. Dans une question de fait, les préjugés ne sont rien, les témoignages sont tout.

Témoignage 3. Un siècle avant saint Grégoire de Tours, la Gaule

du Ve siècle . °

(421-502) retentissait du nom d une humble vierge, que la piété

antérieur à saint u ■*■ A

d^rws ^e nos aieux a donnée pour patronne à la ville de TeXdè sïinfe Vie Par^s- Sainte Geneviève (421-502) avait sauvé sa patrie Geneviève. jeg fureurs d'Attila : seule elle avait conservé, au milieu de l'effroi général, un courage viril, et empêché les Parisiens d'abandonner, par une fuite honteuse, leurs demeures aux dévastations des Huns. Plus tard, quand la famine succéda aux Barbares, Geneviève avait ramené l'abondance au sein de la population désespérée. Remontant la Seine sur de frêles barques, elle alla chercher, dans les plaines de la Brie et de la Champagne, les blés qui manquaient à Lutèce. La célébrité pour Geneviève n'avait point attendu la glorification du tombeau ; sa vie, objet de l'admiration universelle, fut étudiée par ses contemporains, qui transmirent à la postérité le détail de ses saintes et glorieuses actions. Or, voici ce que nous lisons dans un de ces récits écrit par un contemporain : « Geneviève professait une vénéra- » tion pleine de tendresse pour le village de Catulla, » où saint Denys avait reçu la sépulture. Ce très- » bienheureux évêque souffrit le martyre en ce lieu, » situé à trois milles de Lutèce. Il avait été, suivant » la tradition, envoyé par Clément, disciple de saint

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