‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 40 sur 160 · Ainsi parle un auteur contemporain de sainte Discussion · texte numérisé non relu

Ainsi parle un auteur contemporain de sainte Discussion

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Geneviève. Si ce texte est authentique, il renverse ^moignage. complètement la thèse de Launoy. On conçoit donc que ce docteur en ait nié l'authenticité ; mais son argument négatif tombe ici devant un fait matériel. La vie de sainte Geneviève dont il s'agit porte en effet dans son texte même une date irrécusable. L'auteur s'y exprime ainsi : « J'ai vu moi-même, dix-huit ans après la » mort de Geneviève, quelques gouttes de l'huile que » sa prière avait multipliée, par un miracle, dans un » vase où on les conservait. » C'est là, si nous ne nous trompons, donner une date à une œuvre. Cette Vie est reproduite, avec des abréviations, dans le Recueil de Surius et dans les Bollandistes. Enfin elle présente tellement tous les caractères d'authenticité, que les savants Bénédictins auteurs de Y Histoire littéraire de la France, en parlant de cette Vie de sainte Geneviève, par un contemporain anonyme, disent de lui, que « c'était un écrivain grave, judicieux, plein de piété, » et qui ne manquait pas d'érudition pour le siècle où » il vivait 2. »

1 Qui utique sanctus Dionysius , primus episcopus civitatis Parisiorum a persecutoribus in quarto milliario ab eàdem urbe , martyrium consummavit. Et ut comperi, juxta traditionem seniorum , vel relationeai passionis suae, a sanclo Clémente filio in baptismo S. Pétri apostoli , Romse , episcopus ordinatus et in hàc provincià est directus. {Libellus vitœ B. Genoiefœ. Surius, Acta sum., 9 jan. — Saint Yves. Hist. de sainte Geneviève.)

2 Hist. litte'r. de la France, t. Ut, p. 151. — On peut voir, dans ['Histoire de sainte Geneviève , par M. l'abbé Saiut-Yves, le texte du Libellus vitœ B. Genovefœ , reproduit d'après plus de quinze manu-

valeur de ce 5. Ainsi , un siècle avant saint Grégoire de Tours,

témoignage. 7 u

la tradition parisienne nomme déjà le pape Clément comme l'auteur de la mission de saint Denys. Qu'on veuille bien peser la valeur de ce témoignage. La naissance de sainte Geneviève (421) n'était distante de l'empire de Dèce (250) que d'un intervalle de cent soixante et onze ans. C'est à peu près le même laps de temps que celui qui s'est écoulé depuis la paix de Riswick (1694) jusqu'à nos jours (1860). Or, nous le demandons, serait-il possible qu'à une aussi faible distance la tradition se fût égarée au point d'oublier Dèce et la neuvième persécution générale, pour y substituer l'époque beaucoup plus reculée de Domitien? Si, de nos jours, par une erreur qui accuserait la plus grossière ignorance, un écrivain quelconque s'avisait de faire mourir Fénelon ou l'abbé de Rancé sous le règne de Henri III, il n'aurait pas du moins la ressource d'en appeler à la tradition commune pour justifier son ineptie, et les souvenirs encore vivants protesteraient contre son absurde témoignage. Mais le fondateur de l'Eglise de Paris, l'apôtre qui lui avait apporté la foi, y avait laissé certainement des souvenirs au moins aussi durables que ceux de Fénelon et l'abbé de Rancé par rapport à l'époque qui les a suivis. Si saint Denys n'était mort qu'en 250, sous Dèce, à l'époque de sainte Geneviève (420), la succession de deux octogénaires suffisait pour remonter jusqu'à lui. La vérité sur l'époque de sa mission n'aurait pas eu le temps de s'effacer de la mémoire; d'autant plus que le catalogue des évêques de

scrits différents. Les plus anciens exemplaires de cet ouvrage sont conservés l'un à la bibliothèque de Sainte-Geneviève , où il porte le n° H, 1. 2; l'autre à celle du Vatican.

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