CHAPITRE III
fiant, ce fut celui de l'Eglise gallicane, convoqué en 825, à Paris. Sa lettre synodale au pape Eugène II, exclusivement relative à une question religieuse, à un point de controverse agitée en Orient et demeurée étrangère à l'Occident, n'avait trait à aucun des incidents politiques qui passionnaient alors les esprits dans les Gaules. Tous les évêques qui la signèrent admirent unanimement l'époque de la mission de saint Denys par le pape Clément. Aucun ne s'inscrivit en faux contre cette assertion ; aucun ne la flétrit de nouveauté, et ne rappela à son sujet l'immortelle loi de tous les conciles : Nihil innovetar nisi quod traditum est. Cette expression de la tradition antique au sujet de saint Denys, n'est pas déposée dans un discours particulier adressé au concile; elle est formulée dans l'acte collectif où tous les Pères consignent le résultat de leurs délibérations communes, et que tous revêtirent de leur seing pour l'envoyer au Souverain-Pontife à titre de décision doctrinale.
En vérité, il faut se refuser à tout évidence, pour ne pas voir dans ce fait la constatation la plus éclatante d'une tradition alors universelle dans les Gaules : et plus on s'obstinera à rejeter les témoignages antérieurs de cette tradition dans les siècles précédents, plus on rendra inexplicables son existence et son crédit en 825.