CHAPITRE IV
logue sous la rubrique du dixième siècle, et comme provenant de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges, porte le texte que nous avons reproduit , absolument comme l'Antiphonaire de Charles-le-Chauve l'insérait dans l'office de saint Denys. Les textes publiés par les Bollandistes le citent de même ; et tous ceux édités par Chifflet , Lansselius , Cordier, y sont conformes , en sorte que tous les Actes imprimés ou manuscrits de saint Denys, provenant de la tradition latine, affirment qu'il fut envoyé par le pape Clément ; aucun ne parle de Dèce ni de l'an 250.
7. De bonne foi, cette unanimité n'est-elle pas une impossibilité preuve convaincante? Quelle est la vérité tradition- la concordance
i i .de ces témoigna-
nelle au il serait permis de regarder comme acquise à ges qu'une au-
,ti • • V1 , .iti.t porcherie de
1 histoire , s il était possible de répudier comme une moinesfraude de couvent un ensemble de monuments qui embrassent l'Orient et l'Occident tout entiers , et qui remontent sans interruption la chaîne des siècles sans y trouver une discordance. Il faut du courage pour s'en tenir ici au fameux : Monachi fabulati sunt ! Eh quoi ! il serait admis qu'il y a eu, dans l'Eglise, un système complet et persévérant de fraude historique , tellement concerté que jamais , à aucune époque , une voix libre et indépendante ne se fût élevée pour le dénoncer à l'indignation du monde ! Tous les Actes de saint Denys, tant ceux dont le texte a été imprimé que ceux qui sont restés en manuscrit dans nos bibliothèques , auraient été à dessein falsifiés, de siècle en siècle, pour qu'il n'en pùt rester un seul qui portât la véritable date de Dèce ! Leur rédaction est différente , ils émanent d'auteurs différents, ils ont été reproduits par des copistes de nationalités diverses, en divers temps; n'irn-
porte. Le mot d'ordre se serait transmis à travers les distances et les âges, et en passant par tant de témoins, il aurait trouvé partout des complices i L'Eglise d'Orient aurait adopté ce système de perverse altération avec une parfaite unanimité. La patrie du schisme, cette terre où l'autorité de l'Eglise latine s'implanta si difficilement et ne résista point au souffle des rivalités ambitieuses, aurait fait trêve, cette seule fois, à ses jalousies traditionnelles ; elle aurait parlé comme l'Eglise latine , sans qu'on puisse découvrir quel intérêt l'y eût engagée , ni par quel motif elle eût pu être déterminée à sacrifier ici la vérité à une thèse de parti pris ! Enfin les récits des chroniqueurs , les diplômes des rois de la première et de la seconde races, les professions de foi , envoyées par tous les évêques des Gaules au Saint-Siège, la liturgie elle-même, dans ses offices publics et ses hymnes, auraient tous, depuis l'an 421 jusqu'en 1650, prêté leur concours à cette supercherie , unique dans l'histoire ! La pensée se révolte à la vue de tant d'impossibilités matérielles et morales. Ou il faut renoncer à toute vérité, ou il faut reconnaître qu'une tradition aussi constamment, aussi unanimement, aussi nettement formulée est l'expression même de la vérité. Martyrologes 8. Si maintenant, de l'étude des Actes, nous passons
de Bède et de
Raban-Maur. a cene des Martyrologes, elle ne nous apportera pas un léRé°fiftetion' autre résultat. En 730, époque à laquelle nul ne sonde Launoy. gea^ aux dissidences d'opinions qui surgirent aux seizième et dix-septième siècles , le vénérable Bède inscrivait en ces termes la fête de saint Denys : « Le » VII des Ides d'octobre, à Paris, fête des saints mar- » tyrs, Denys, évêque, Eleuthère, prêtre, Rustique, » diacre. Le bienheureux évêque , envoyé par le pon-