‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 74 sur 160 · HILDUIN (837) A-T-IL INVENTÉ L'ARÉOPAGITISME · texte numérisé non relu

HILDUIN (837) A-T-IL INVENTÉ L'ARÉOPAGITISME

1. Le mouvement protestant , janséniste et gallican des seizième, Sommaire, dix-septième et dix-huitième siècles favorisa la propagation des erreurs de Launoy. — 2. Etat actuel de l'opinion publique en France au sujet delà question de l'aréopagitisme. Traité du P. Sirmond. — 3. Intervention d'Hilduin dans la question de l'aréopagitisme. Lettre de Louis-le-Débonnaire à Hilduin. — 4. Calomnies de Launoy contre Hilduin. — 5. Caractère historique d'Hilduin. Témoignages de Raban-Maur, Walafride-Strabon , Lupus de Ferrières, Frothaire, évêque de Toul, saint Agobard, évêque de Lyon, ses contemporains. — 6. Réponse d'Hilduin à Louis-le-Débonnaire. Il expose l'ordre qu'il a suivi dans ses recherches sur saint Denys, les sources où il a puisé , les monuments qu'il a fait transcrire , énumère les objections des adversaires de l'aréopagitisme, et les réfute. — 7. Reproches adressés par Launoy et le P. Sirmond au style d'Hilduin. — 8. Le P. Sirmond affirme qu'Hilduin a inventé l'aréopagitisme. — 9. Preuves intrinsèques tirées du texte même des lettres de Louis-le-Débonnaire et d'Hilduin. La lettre de Louis-le-Débonnaire prouve qu'Hilduin n'a pas inventé l'aréopagitisme. — 10. Avant les travaux d'Hilduin, Louis-le-Débonnaire croyait à l'aréopagitisme. — 11. La trace de la croyance à l'aréopagitisme constatée dès l'époque de Pépin-le-Bref. — 12. Le texte de la lettre d'Hilduin prouve que cet auteur n'a pas inventé l'aréopagitisme. — 13. Impossibilité morale de cette fiction de la part d'Hilduin. — 14. Impossibilités matérielles. — 15. Derniers témoignages de Louis-le-Débonnaire et d'Enée, évêque de Paris, contemporain d'Hilduin , qui démontrent cette impossibilité. — 16. Conclusion. Hilduin n'a pas inventé l'aréopagitisme.

1 . La mission de saint Denys à Paris , au premier siècle , par saint Clément , présente tous les caractères des faits historiques les mieux constatés ; elle est démontrée , autant qu'une vérité traditionnelle peut l'être, par les monuments, les témoignages et la croyance

Le

protestantisme collaborateur de Launoy.

unanimes des siècles. Quelque général qu'ait été le préjugé contraire depuis deux cents ans, il ne saurait prévaloir contre tout un ensemble de preuves positives ; la prescription a d'ailleurs été interrompue par Mabillon et les autres savants que nous avons cités; de nos jours, enfin, tous les grands travaux d'érudition ecclésiastique enregistrent sans hésitation la date du premier siècle, comme la véritable époque de nos origines chrétiennes ; et l'on pourrait presque assigner le terme assez rapproché, où il ne restera plus un seul partisan du système suranné de Launoy. La France est le seul pays catholique qui l'ait adopté; l'Espagne, l'Italie , l'Allemagne y furent complètement étrangères ; il n'est pas douteux que le mouvement hérétique du protestantisme et du calvinisme n'ait aidé singulièrement à accréditer une opinion qui s'attaquait aux traditions immémoriales les plus anciennement admises dans l'Eglise catholique. Si l'on avait pu errer unanimement sur des faits d'histoire, pendant un si long cours de siècles, les mêmes erreurs pouvaient se rencontrer dans les croyances dogmatiques. Les sarcasmes de Launoy furent donc accueillis avec une faveur qui serait , sans cette circonstance , complètement inexplicable. Le protestant Claude Sarreau, conseiller au parlement de Paris, s'applaudissait, dans une lettre au protestant Saumaise, de l'habileté de Launoy (vir solers), « qui renversait, disait-il, tous les insignes monuments de la superstition , en arrachant à la piété des fidèles le culte de leurs patrons les plus vénérés1. » La question de saint Denys , premier évêque de Paris , in-

1 Ista oninia superstitionis insignia rnonuinenta. ( Claudii Sarravii , oeuatoris Parisiensis, Epistolœ. Arausonii, 1644, p. 199.)

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