‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 78 sur 160 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

vérités ; mais , à la seule inspection , il nous paraissait impossible que le texte même des monuments controversés y eût trouvé place. Quant aux arguments du P. Sirmond et à leur valeur intrinsèque, le lecteur pourra les juger, car nous prendrons soin de les lui soumettre, à mesure que l'examen de la question les amènera sous notre plume. Dès ce moment, qu'on nous permette de dire : 1° qu'il n'est pas prouvé que l'aréopagitisme ait été une invention d'Hilduin ; 2° que les raisons fournies contre l'aréopagitisme ne sont point péremptoires, comme on l'avait cru; 3° que la tradition de l'aréopagitisme, appuyée par les témoignages explicites des conciles, des Pères, des Docteurs et des écrivains ecclésiastiques , depuis le neuvième siècle , a tellement peu le caractère d'une fable, qu'elle présente au contraire une somme de probabilités beaucoup plus considérables que l'opinion opposée.

3. Avant de prouver successivement chacune de ces propositions, il nous faut d'abord donner l'historique i/» question de

IL' i 1 aieopagilisme.

de l'intervention d'Hilduin dans la question de l'aréo- ^DébonMke" pagitisme. k HiIduin-

L'an 836 , la France assistait à une réhabilitation impériale. Louis-le-Débonnaire venait de passer trois ans dans un cachot d'Aix-la-Chapelle , prisonnier de son propre fils, Lothaire, que l'ambition de régner avant le temps, avait armé contre son père et son souverain. Le peuple se lassa promptement du joug parricide de Lothaire ; et le vieil empereur, tiré de sa prison, fut ramené triomphalement à Saint-Denys , où une assemblée des prélats et des grands du royaume le rétablit dans toute la plénitude de son pouvoir. Louis-le- Débonnaire, que l'histoire a surnommé aussi le Pieux,

Intervention d'Hilduin dans

avait puisé, dans les traditions de sa famille, une dévotion particulière pour l'apôtre de la France. Il vit dans le fait de sa restauration une preuve de la protection spéciale de saint Denys, dans l'abbaye duquel le sceptre avait été rendu à l'héritier de Charlemagne. Le monarque voulut consacrer le souvenir de ce grand événement par un monument public de reconnaissance envers son protecteur céleste.

Il adressa donc à Hilduin, abbé de Saint-Denys, la lettre suivante :

« Au nom de Notre- Seigneur Dieu et Sauveur Jésus- » Christ, Louis, par un retour de la clémence divine, » empereur auguste , à Hilduin , vénérable abbé des » très-saints martyrs, nos protecteurs spéciaux, le glo- » rieux Denys et ses compagnons , salut éternel dans » le Christ.

» Qui pourrait ignorer les faveurs et les grâces nom- » breuses que la Providence divine a daigné accorder, » non-seulement à nous et à nos prédécesseurs, mais » aux peuples de notre empire, par l'intercession du » bienheureux saint Denys? Dans les temps passés, » toutes les générations des Gaules ont éprouvé les » marques de cette protection céleste , sur cette terre » qui reçut les semences de la foi et les préceptes du » salut par l'insigne apostolat de saint Denys. » — La lettre impériale énumère ensuite les bienfaits signalés que Dagobert Ier, Charles-Martel, Pépin-le-Bref et Charlemagne se plaisaient à rapporter à la protection du saint martyr. — « Nous aussi , continue Louis-le- » Débonnaire, nous en avions déjà éprouvé en d'autres » circonstances les heureux effets ; mais elle vient de » se manifester bien plus visiblement encore, dans les

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