CHAPITRE V
» dèle véritable de noblesse, de dignité et de modestie, » à Hilduin , maître de la chapelle impériale, Lupus, » prospérité présente et future1. » Enfin Frothaire, évêque de Toul, lui écrit : « Je désire avec ardeur le » bonheur de vous revoir, et de jouir de vos doctes » entretiens dans le Seigneur. Je voudrais assister aux » solennités de votre Eglise, pour y profiter de vos » enseignements spirituels, et orner mon âme des salu- » taires parures de la sainteté. Il ne m'est plus donné » d'être présent corporellement à ces pieuses splendeurs » de votre monastère, mais avec quelle joie ineffable » ma pensée aime à se reporter au milieu de vous. Je » m'efforce de marcher sur vos traces, et je cite votre » exemple , comme un modèle à suivre , à tout ce qui » m'entoure. Les spectacles d'allégresse sainte , les » pieux exercices auxquels j'assistais naguère près de » votre paternité ne peuvent s'effacer de ma mémoire. » Eh ! qui les ayant contemplés un fois, ne les grave » dans son cœur? Leur souvenir seul est l'aliment et la » confirmation de la piété2 » Dans le même temps,
1 Nobilitatis, dignitatis et moderationis apice conspicuo, Hilduino, ecclesiasticorum magistro, Lupus, prœsentem et futuram prosperitatem. (Ibid., col. 583.)
2 Gupimus vestrse dignitatis ora contemplari , vestrœ solertiae eloquiis in Domino perfrui : quin etiam tenipla piissimae religionis intueri, quibus et spiritalia monita capiamus , et salutaria sanctitatis ornamenta sumamus. Nam etsi corporali intuitu vestri ordinis splendidissimum nequeo contemplari decorem, sed assidue eum spiritualibus cum ineffabili gaudio contemplor obtutibus. lmo et mihi, meisque hujusmodi vestigia frequenti adhortatione non omitto inculcare sectanda. Non enim valeo tantae jucunditatis gesta, et tam pia divinae servitutis obsequia memorià non retinere, quae apud vestram devotissimam Paternitatem me constat nuper vidisse. Qais enim semel ea conspiciens non animo, salubriter inflgendo depingat, quorum recordatio summee pietatis est solidatio. (Frotharii Tullensis episcop., Epistol. — Patrol. lat., t. GVÏ, col.. 803-804.)
saint Agobard, archevêque de Lyon, s'adresse à Hilduin et à Wala , abbé de Corbie , « comme aux seuls » conseillers de l'empereur très-chrétien, qui l'aident à » marcher dans la voie de Dieu, et qui ne profitent de » leurs fonctions dans le palais que pour y chercher, » assurer et maintenir les œuvres de la piété et du » salut.1. » Sa lettre porte pour suscription : « Aux » seigneurs très-saints et bienheureux, les illustres » Hilduin, archichapelain du palais impérial, et Wala, » abbé, Agobard, leur humble serviteur2. »
Entre les violentes exclamations de Launoy sur * l'ignorance, l'hypocrisie, l'esprit d'intrigue d'Hilduin , et les témoignages contemporains de saint Agobard, de l'évêque de Toul, de Walafride Strabon, de Raban- Maur, le lecteur peut déterminer son jugement. Louisle-Débonnaire choisit son archichapelain pour lui confier les missions les plus honorables. En 824, l'élection d'Eugène II au souverain pontificat avait été combattue avec violence par les factions romaines. Le zèle du nouveau pape pour le maintien de la discipline, et la fermeté connue de son caractère, avaient armé des mains rebelles dans la capitale de la catholicité. Hilduin fut chargé par l'empereur d'accompagner à Rome, en qua-
1 Noverit mansuetudo vestra prudentissima idcirco me ad utrumque prsesumpsisse quae sequuntur scribere, quoniam absque ambiguo vos novi prœcipuos et pene solos in via Dei esse adjutores christianissimi imperatoris, et propterea in palatio esse unum semper, et alterum fréquenter, ut in operibus pretatis quœ absque omni terrore quœrenda, invenienda, tenenda sunt, vos illi prudentissimis vestris suggestionibus sitis exbortatores, et, ut dixi, adjutores. (S, Agobardi. Opéra. — Patrol. lat., t. CIV, col. 178.)
2 Dominis et sanctissimis, beatissimis, viris illustribus, Hilduino sacri Palatii antistiti, et Walse abbati , Agobardus servulus. (Id., ibid., col. 177-178.)