‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 84 sur 160 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

lité de conseiller, le roi Lothaire qui partait à la tête d'une armée pour comprimer ces mouvements séditieux, et assurer la liberté du Souverain-Pontife *.

Plus tard, les difficultés qui s'élevèrent entre l'empereur et ses fils rebelles éloignèrent Hilduin de la cour. Il se consacra alors tout entier à l'administration de son monastère, et y fit revivre la régularité, la ferveur et la discipline des premiers siècles de l'Eglise. Les réformes qu'il y introduisit furent solennellement approuvées au concile de Paris (832), et le décret impérial qui les confirme en rapporte tout l'honneur « au véné- » rable Hilduin, ce sage et pieux abbé. Venerabilem » prudentemque virum Hildirinum religiosum abba- » tem*. » Ce dernier fait a une importance considérable au point de vue spécial de l'aréopagitisme.

En 832, Hilduin proposait au concile de Paris la réforme de l'ordre monastique qu'il voulait commencer à appliquer dans son abbaye de Saint-Denys. Sans égard pour les réclamations, les inimitiés, les haines ardentes que cette mesure va soulever contre lui, il s'engage courageusement dans cette voie semée de périls. Nous pouvons donc tenir pour assuré qu'en 837, quand il publiera sa prétendue invention de l'aréopagitisme, «ce rêve, comme dit Launoy, qu'il a songé dans son monastère, » il ne manquera pas de mécontents prêts à signaler avec toute l'aigreur et l'animosité des passions les plus ardentes , la fraude historique du réformateur.

1 Anno sequenti Ludovicus Pius imperator inisso Romam Lothario pro sedandis super electione Eugenii II papee motibus exortis Hilduinum consiliarium adhibuit. (Gall. christ., Notitia in Hilduinum. — Patrol. lat., t. GV1, col. î.)

2 Gallia. christiana, Notit. in Hild. — Patrol. lat., t. GVI, col. 2.

Réponse 6. L'abbé de Saint-Denys, en recevant l'ordre de a Loui9-le- travailler à une histoire de l'apôtre de la France, s'était

Débonnaire. . , j '. __

mis de suite a 1 œuvre. Un an après (837) il adressait à l'empereur le fruit de son travail, avec une lettre où il exposait ainsi l'ordre qu'il avait suivi dans ses recherches, et les sources où il avait puisé.

ce Au souverain admirable dans sa bonté , à Louis- » le-Pieux, toujours auguste, Hilduin, humble servi- » teur du Christ, abbé du monastère de Saint-Denys » et ses compagnons, sujet dévoué de Votre Domina- » tion impériale.

» Vous nous avez demandé de vous transmettre le » plus tôt possible tout ce que les monuments grecs et » latins nous ont appris de l'histoire, trop peu connue » jusqu'ici, de notre glorieux patron saint Denys. Pour » ne pas apporter de retard à l'exécution de votre » pieux désir, et nous acquitter d'un devoir sacré pour » nous, nous avons fait transcrire par des copistes » habiles tout ce qu'avec la grâce du Seigneur nous » avons retrouvé sur ce sujet : suppliant humblement » votre haute sagesse de moins considérer, dans un » ouvrage entrepris par votre ordre à la gloire du saint » martyr, la pompe du langage ou la pureté du style, » que l'intégrité et la vérité des faits tels que nous les » avons puisés dans les écrits des anciens.

» La noblesse de la naissance de saint Denys et » l'éclat de la haute magistrature qu'il remplit à » Athènes nous sont attestés par les Actes des apôtres, » et par la tradition des siècles passés. Nous avons de » plus sur ce point le témoignage Aristarque, chro- » nographe grec, qui, dans son Epître à Onésiphore » le primicier, nous a laissé sur la ville d'Athènes, au

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