‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 90 sur 160 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

mond que nous venons de citer forme plus de la moitié de son quatrième chapitre intitulé : Eilduini et sectatorum ejus, qui Dionysium Parisiensem cum areopagitâ confundunt nova opinio exploditur. Ce n'est pas notre faute si le ton de sa polémique rappelle trop celui de Launoy. Une bonne raison vaudrait mieux que toutes ces injures. On dirait vraiment que le cliquetis sonore des mots latins qui se pressaient sous la plume de ces controversistes leur faisait oublier l'objet même de la discussion. Il fallait prouver que personne avant Hilduin n'avait songé à l'aréopagitisme, et voilà quatre

abbas agnoscitur? Mandarat huic Ludovicus imperator, ut Dionysii Parisiensis gestoruin historiam ex Grœcis Latinisque codicibus colligeret. Gollegit, librumque scripsit cui titulus Areopagitica. Quo in libro primus omnium docuit Dionysium Areopagitam Atheniensium episcopum, amore Pauli magistri sui, quem Romee vinctum acceperat, relictis Athenis, et episcopatu, Romam profectum , Româque in Gallias preedicandi Evangelii causa missum esse. Unum itaque eumdemque Areopagitam eum Parisiensi censendum esse Dionysium. Quae ut adstruat, Aristarchos nobis et Visbios, auctores nihili, chartas que ut ait ex armario Parisiensi vetustissimas , et Gonstantiniorum , si credimus, temporum martyrologium ex abditis novee Romœ scriniis profert in lucem. Gregorium vero Turonensem, qui diversa senserit, simplicitatis accusât. Ubi ego vos rursus, Areopagi vindices, convenio, ut simplicem Gregorium Hilduinus cur vocet interrogetis. Nam si quo sensu simplex et sine fuco dici veritatis oratio solet, nomen amplector, Gregorii laus est non contumelia. Sin hominem intelligit credulum et antiquum , qui parum consideret quid credat ipse, quid aliis credendum proponat, quaeso vos, uter simplicior, Gregorius an Hilduinus? Hilduinus inquam, qui nec sibi nec aliis consentanea scribat, et tam bardos lectores suos existimarit, ut quod de Dionysio narrât crederent, illum, cùm amore Pauli, ut dictum est, Athenas Nerone adhuc superstite reliquisset, Romamque contenderet, in hac navigatione annos xxv, velut oblitum Pauli, per obvias gentes praedicando posuisse, ac Domitiani tandem anno decimo pervenisse. Alia sunt ejus notae in illo libro plurima. Nihil enim, seu verba spectes, seu sententias, Areopagiticis illis horridum magis et insulsum. (Jacobi Sirmondi S. J. Presbyteri. Dissertatio in quâ Dionysii Parisiensis et Dionysii Areopagitœ discrimen ostenditur. Paris , mdcxli, in-18, p. 27, 28, 29.)

SAINT DEISYS L'ARÉOPÀGITE.

La lettre de Louis- le - Débonnaire

prouve qu'Hilduin n'a pas inventé l'aréopagitisme.

pages dépensées à reprocher à Hilduin cette invention, son ignorance, la barbarie de sa phrase et ses incohésérieux, de discussion sur les

rences.

D'arguments

témoignages allégués de part et d'autre, nulle trace. Nous reviendrons plus tard sur la prétendue niaiserie des lecteurs d' Hilduin. Le nœud de la question est précisément d'établir que l'aréopagitisme n'avait aucun précédent avant cet auteur, et qu'Hilduin l'a positivement inventé. Le P. Sirmond l'affirme itérativement. « L'auteur et le propagateur reconnu de cette fable, » dit-il, est Hilduin, abbé de Saint-Denys. » — « Le » premier de tous il enseigna dans son livre l'aréopa- » gitisme. » Ces assertions sont catégoriques. Cherchons-en la preuve.

9. Si le P. Sirmond avait lu avec attention la lettre de Louis-le-Débonnaire, dans laquelle ce prince charge Hilduin de lui transmettre les monuments historiques relatifs à saint Denys de Paris, il y aurait certainement remarqué un passage dont la signification est décisive, et dont l'importance, au point de vue de l'invention de l'aréopagitisme attribuée à Hilduin, n'aurait pas échappé à 'la sagacité de l'ardent critique. Sirmond connaissait l'existence de cette lettre. « L'empereur, dit-il, avait chargé Hilduin de recueillir dans les manuscrits grecs et latins l'histoire détaillée de saint Denys. » Mais il est probable qu'il ne se donna pas la peine d'étudier d'une manière plus approfondie le texte du rescrit impérial.

Louis-le-Débonnaire s'y exprime ainsi : « Vous » réunirez tout ce qui a trait à la vie de saint Denys, » dans les livres que le saint composa lui-même en sa » langue maternelle, et que j'ai fait traduire en latin

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