‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 92 sur 160 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

)) même, Notre-Seigneur daigna opérer, à la louange de » son grand nom, et par les prières et mérites de son » illustre martyr, dix-neuf miracles sur des hommes » affligés de diverses infirmités : c'est ce qui est établi » par la déposition de personnes parfaitement connues » et de notre voisinage 4. »

10. A moins de supposer et que l'empereur ne se comprenait pas lui-même en parlant des ouvrages de saint Denys de Paris, écrits par ce saint dans sa langue maternelle, et qu'Hilduin, dans sa réponse, ne le comprenait pas davantage , et que ces deux interlocuteurs se renvoyaient l'un à l'autre, d'un consentement mutuel, un langage complètement dénué de sens, on est obligé de reconnaître qu'avant Hilduin, Louis-le-Débonnaire croyait à l'aréopagistisme ; qu'en demandant à son archichapelain une Vie de saint Denys, il était convaincu de l'identité de ce premier évêque de Paris avec l'Aréopagite. Il y a plus : cette croyance était connue et partagée en Orient, puisque Michel-le-Bègue choisit, en 824, les œuvres de l'Aréopagite comme le présent le plus agréable à offrir à la cour de France. Il

1 Cceteruui de notitià libroruin ejus, quospatrio sernione conscripsit, et quibusdain petentibus illos comparait , lectio nobis per Dei gratiam , et Vestram Ordinationein , eujus dispensatione interprétâtes scrinia nostra petentibus reserant, satisfacit. Authenticos autem eosdem libros graecâ linguà conscriptos, quando œconoums Ecclesiae Constantinopolitanse et caeteri missi Michaelis légation e public à ad Veslram Gloriam Gompendio funeti sunt, in ipsà vigilià solemnitatis S. Dionysii pro munere magno suscepimus. Quod donum devotioni nostrse, ac si cœlitus allatunr, adeô divina est gratia prosecuta, ut in eadem nocte decem et novem nominatissimas virtutes in œgrotorum sanatione variaruni infirmitatum , ex notissimis et vicinilati nostrœ personnis contiguis, ad laudera et gloriani sui nominis, orationibus et meritis excellentissirni sui martyris , Christus Dominus sit operari dignatus. (Hilduini. Rescriptum ad Sereniss. lmperatorem, Dominum Ludovicum. — Patrol. lat., t. GVI, col. 16.)

est donc historiquement faux de dire que l'aréopagitisme fut enseigné pour la première fois dans le livre d'Hilduin, puisque ce livre, en 824, n'existait pas encore. En 824, Michel-le-Bègue envoie les ouvrages de saint Denys l'Aréopagite à Louis-le-Débonnaire ; celuici les reçoit comme l'œuvre du patron de la France; les religieux de Saint-Denys les admettent comme tels dans leur monastère au milieu des témoignages de l'allégresse publique. Michel-le-Bègue, Louis-le-Débonnaire, l'Orient et l'Occident croyaient donc en 824 à Faréopagistisme. Les religieux de Saint - Denys y croyaient eux-mêmes ; l'aréopagitisme ne fut donc pas inventé en 837, dans un songe d'Hilduin.

Nous n'insisterons pas sur le fait des miracles obtenus par l'intercession du saint martyr, le jour où les ouvrages, apportés de Constantinople, furent déposés dans son monastère. Il y a là une présomption, tirée d'un ordre plus élevé, que nous respectons pleinement, et dont les contemporains de Louis-le-Débonnaire durent tenir compte. Il suffit de faire observer qu'Hilduin, en rappelant, en 836, leur souvenir, n'était séparé que de douze ans seulement des faits dont il parle ; que la chronique de Sigebert de Gemblours les admet comme parfaitement avérés. Toutes les plaisanteries de Launoy, à ce sujet, ne réussiront point à expliquer comment Hilduin, dont le caractère historique est entouré des témoignages les plus expressifs de la vénération publique, aurait pu, sans se perdre à jamais dans l'opinion, supposer ainsi de faux miracles dont aucun de ses contemporains n'aurait entendu parler, u croyance 1 1 . Un autre fait, emprunté au règne de Pépin-le-

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constatée jfrg^ va nous m0ntrer que, longtemps avant Louis-le-

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