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par leur ouvrir les portes de TAssemblée niilionale îl •, La composition du Comité semble avoir été éclectique comme celle du bureau. A côté de partisans fanatiques de Tancien régime, tels que les Vaudreuil et les Paroy, il comprenait un des amis des Fréteau et des Duport, Bodkin Fitz-Gerald, déjà fort connu par la part qu'il avait prise avec eux et auprès de Du val d'Esprémenil aux événements de juillet et d'août 1787, et qui devait être en 1789 l'un des premiers adhérents du club des Amis de la Constitution ou des Jacobins. Le [U'incipol promoteur du Comité, Gouy d'Arsy, passait pour Tun des adeptes des idées nouvelles. On le disait mesmérien, franc-maçon, <« bon citoyen et patriote », grand admirateur de M. Necker. Montlosier devait le classer bientôt avec les Lamelh, les Luynes, les Target, les Robespierre et les Saint- Fargeau parmi ceux qu'il appelle (^ les démocrates enragés et anarchistes (2) ». Sous les ordres de cet état-major se trouve groupée, par la communauté des intérêts menacés et des moyens de défense, Taristocralie des grands propriétaires et des grands négociants, leurs alliés, qui résidaient dans le royaume. On a deux listes des adhérents du Comité colonial, dont Tune, datée du 15 juillet, compte oG noms y compris ceux des neuf commissaires, et dont Taulre se compose de 186 noms. Elles donnent la composition exacte de ce groupement, et on y voit figurer Télite des planteurs, les comtes de Noé, de Butler, de Cesselès, dMIéricourt, de Poulpry, d'Auti-
(1) r)'a[>nVs lcssuurc<»s précf'Hleiitos; de [Am^, Afercure de France, 15 mars 17H8, .suiiplrment . — (lonla, Cntahtfne des Factums de la BibL nat». II, :m. — (ialrric ilos lAnis (i«'Mit raiix (ITK'J), 11,72. — Mt'iii. île Montlosier, II, 4()-i — Joiirual liistorijjiK.' dos asscinblccs du Comité cité ci-dessus. — (2) Corresp. socrrtc])p. Loscurc, II. ;^0.|. — Lettre de Liniçucl à Bnrnave, JOiuars i7fM,in-8o (brochure coll. Carre) ci Annales pair,, p. 454.— Montlosier, II, 401.
A LA VEILLE DE LA RÉVOLUTION r>r>
champ, de Charrille, de Vergennes, de Puysignieux, de Bayeux, de Villeblanche, de Pardaillan, de Grandpré, à côté des Walsh Serrant, des Macncmara, des vicomtes de Léaumont, d'AUemans, du Tour, des marquis de Massiac de Puymontbrun, de Chambellan, de Pomery et de la Ferronnays. Le duc d^Orléans s'y trouve auprès de membres de la haute magistrature, tels que Duval d'Esprémenil, d'avocats au Conseil, comme d'Augy, d'anciens officiers des armées de terre cl de mer, tels que les deux Fournier de Bellevue et M. de Saint-Pol, de maîtres des requêtes et de conseillers d'Etat, comme Poitevin de Maissemy et M. de Montholon. Un certain nombre de dames de la haute noblesse ont adhéré; la marquise de Mondion (née de Chavanne), les comtesses de Chambellan, de Pardieu, de Poulpry, la marquise de F^omery, la baronne de la Ferronnays, la comtesse de Lenlilhac de Sédiérès, la vicomtesse de Choiseul-Meuse, les marquises de Puymontbrun et de GeofTre .
Un petit nombre de noms roturiers se rencontrent au milieu de ces vocables aristocratiques qui font ressembler les suscriptions finales des assemblées du Comité à des pages détachées de l'armoriai. Les grands propriétaires résidant à Paris forment la majorité (114 sur 186) des membres de ce Comité, du moins à l'origine. Le reste (72 membres) se compose de planteurs résidant en province et de négociants des ports en relations avec Saint-Domingue. Au groupe des propriétaires provinciaux appartiennent, par exemple, les comtes de Montigny, de Mjilet, de Orieu, de Laugardière, le marquis de Lys, le chevalier de Minières, le vicomte Turpin de Crissé, les Fournier de Varenne, M"" de la Villesgris, née de Champigny et sa sœur, M"'" Borne,
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la marquise de Castelmoron, la comtesse Astier de Voullron, rintendant de la marine à Toulon, Malouel, le capitaine de vaisseau Buor de la Charoulière, Tavocat au Parlement Condé fils, et Tabbé Vogluzan. Au second groupe se rattachent les armateurs de nos grands ports de Marseille, de Bayonne, de Bordeaux, de la Rochelle, de Nantes, de Sainl-Malo, du Havre et de Dunkerque, les Audibert, les Hugues, les Sollier, les Van Berchem, les Bertrand Malespine, les Straforello, les Peragallo, les Abeille, les Raymond, les Bortron, les Sicard, les Hermitte, les Albouy et les Yence, les Labat et les Saint-Macary (1).
Le fonctionnement du Comité colonial parisien n'est d'ailleurs connu que par un petit nombre de documents, dont la majeure partie se trouve à l'état de transcriptions aux Archives Nationales. Si les Assemblées générales y étaient peu fréquentes, en revanche les réunions du bureau furent nombreuses. Dans l'espace d'un mois et demi (aoûtseptembre 1788), il n'y en eut pas moins de neuf, où les commissaires adoptèrent la tactique qu'il convenait de suivre. Le bureau rédigea ou fit rédiger d'importants mémoires pour soutenir ses idées auprès du pouvoir, mit en circulation des brochures pour rendre l'opinion favorable à ses desseins, multiplia les démarches auprès des personnages influents (2), On ignore si les membres de ce groupement s'étaient astreints à des cotisations, et on ne sait sur quels fonds furent assignées les dépenses de celte campagne forcément coûteuse. 11 est probable que, pour ce travail d'écritures et de correspondances, le Comité eut des
(i) Listes et signatures placées au bas des pouvoirs donnés aux commissaires du Comité colonial 15 juillet 1789, copies, /Irc/f. Nai.,\^. IH, 1356/* f>*94 et 270. — (2) Journal historique et autres pièces transcrites au registre B. m, 135.
employés et des secrétaires. Il lui fallait aussi un local pour les Assemblées générales des adhérents, pour les réunions particulières du bureau, pour le secrétariat et les archives. Il est certain, d'après quelques détails épars au milieu des pièces inédites, que le siège du Comité était fixé, au début de 1789, rue de Provence, au faubourg Montmartre (1). I^es commissaires directeurs étaient sans doute renouvelés par tiers tous les trimestres ou semestres, suivant l'usage qu'on retrouve en vigueur dans les autres sociétés politiques du temps. Deux membres nouveaux figurent en effet, au mois de janvier 1789 parmi eux. Vaudreuil et le président Duplâa y remplacent Brancas et Peyrac (2). Le commissairerapporteur, sorte de secrétaire-général, chargé de la correspondance, de la rédaction des requêtes et libelles, semble avoir été seul inamovible. C'était naturellement le marquis de Gouy d'Arsy (3). Le Comité avait ses archives et ses registres, où il faisait transcrire les lettres et autres écrits qu'il transmettait ou recevait. Son activité est attestée par rétendue même de ces registres qui formaient dès janvier 1789 deux tomes, et par le nombre de pièces (333) déposées à ce moment dans ses bureaux (4). Ces pièces disparurent, semble-t-il, pour la plupart. Le Comité n'était qu'un corps non officiel, bien qu'il eût pris le nom retentissant de Comité colonial de Finance (o), et les seuls vestiges qui restent de son activité sont les lettres et mémoires qu'il jugea bon de communiquer aux Etats-Généraux en juin
(1) Lettre du 27 janvier 1789, Arch, A'fl/.,Z?«.?é^. —(2) Lettres des membres du bureau du Comité colonial, 31 août 1788, 21 janvier 1789. Arch, iXai., /?• 38, — (3) Sa signature et son titre se trouvent au bas des diverses pièces citées et cinlessous. — (4) Mention au bas des lettres du 31 mai, 7 nov. 1788, 34 janv. 4789, et au bas des requêtes de la Cbambre d'Aiçric. du Cap cidessous citées. — (3) Titre qu'il prend dans ces lettres et requêtes.
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Dès le début, il s'était mis en relation avec les planteurs mécontents de Saint-Domingue. Il leur adressait le journal de ses démarches ; tous les quinze jours il leur envoyait Texposé de ses travaux et concertait avec eux ses plans de campagne. La correspondance en partie secrète, échangée entre eux, parvenait aux commissaires parisiens par Tenlremise de grands armateurs bordelais, Journu frères, qui avaient des commis à Port-au-Prince (I). Il obtint aussi une consultation de quatre avocats parisiens, Godard, Sanson, de Blois et Lacroix en vertu de laquelle la colonie était déclarée fondée à réclamer une représentation aux Etats- Généraux. C'est lui encore qui provoqua le pétitionnement parmi les planteurs résidant en France et qui fit répandre « à profusion dans la colonie » divers imprimés où on le représentait comme le mandataire officiel des colons chargé de solliciter pour eux l'admission aux Etats- Généraux (2). A la cour, il cherchait à gagner des appuis auprès du roi et des ministres. La tactique ne manquait pas d'habileté. Ces grands planteurs comptaient que l'influence de la haute noblesse « confondue dans l'opulence américaine » rendrait le pouvoir complaisant à leurs vœux. « Que ces hommes élevés en grades, en faveurs, disait une « brochure d'août 1788, destinés par leur naissance à l'art « des négociations, que rhabitude des affaires importantes a « rendus plus habiles dans la discussion des grands intérêts, « se montrent reconnaissants aux îles » en mettant leurs relations et leur autorité au service des colons (3).
(1) Mém. de Barré »lc Saint- Vennnt, membre de la Chambre d'Aiçrrîc. du Cap, 1788, /Irc/i. Min, Colonies, C. ii, série 2, carton Iit>. — Journal historique et autres |)ièce:s, Arch. Nnt. B. lll iSô . — ;2) Préambule de Tordonnauce dos administrateurs de Saint-Domingue ipS déc. 1788, récit des faits antérieurs), ci-dessous citée. — (3) }\e(|uéte des colons américains 31 mai 1788 ci-dessus citée.— Vœu patriotique d'un Américain (brochure
Cet aveu indique assez quels mobiles égoïstes guidaient la fraction des propriétaires de Saint-Domingue, alliés du Comité colonial de France. Comme l'observent les administrateurs, Barbé-Marbois, La Luzerne, Peynier, l'agitation dans nie n'était provoquée que par une minorité. Ni la formation des comités, ni les vœux émis au sujetdelarepré^ sentation coloniale, ni la nomination des députés, affirmentils, ne rallièrent la majeure part de la population libre (1). « Le concours général des habitants fit défaut », jusqu'aux assemblées locales de la seconde moitié de 1789 (2). Si l'on en croyait au contraire les assertions du Comité colonial ou des députés de Saint-Domingue, dès le mois d'avril 1788, les colons « avertis des dispositions annoncées par le roi de (« convoquer les Etats-Généraux avaient éprouvé un mouveu ment qui ne tarda pas à se propager dans la colonie. De (4 bons citoyens s'assemblèrent, illicitement peut-être, non « illégalement. Ils firent des réflexions sages sur leur posi- « tion. Les réflexions circulèrent; des comités se formèrent, « ils s'accrurent. Enfin, presque tous les propriétaires de la « colonie réclamant l'union de leurs compatriotes résidant « en France leur adressèrent des mémoires, des doléances a et des pouvoirs très étendus à l'effet de nommer des « commissaires qui pussent s'occuper efficacement de solli- « citer le souvenir du monarque et des lettres de convocation a pour les Etats-Généraux (3) ». L'exposé du ministre de la marine La Luzerne est tout différent. D'après lui, bien
d'août 4788 probablement due à Gouy d'Arsy) (manque à la Bibl. Xai.) (coll. Carré), p. 11. — (1) Mém. justiF. de La Luzerne (1790) Arch. Nat., DXXLX 98-101. Arch, Parlent., XVI, îiOO fi^. — Mcm. de Barb(''-Marbois (1790), p. 10 (coll. Carré). — (2) Rapport des administrateurs de Saint- Dominîçuc, lor décembre 1789, Arch. Min. Colonies, ('. y, res^. 462. — (3) DcnoTicîalîon contre La Luzerne par les députés de Saint-Dominii^ue, 1er cbef (1790). Arch, Nat., DXXIX, g8.
que Ton eût appris aux Antilles la nouvelle de la convocation des Etats-Généraux, les colons n'avaient manifesté aucunement l'intention d'y être représentés. Ni les Assemblées coloniales de la Martinique, de la Guadeloupe, de Tabago réunies en janvier et février 1788, ni les Chambres d'agriculture de Port-au-Prince et du Cap Français n'avaient formulé le moindre vœu à ce sujet. La première démarche faite auprès du Roi par les planteurs remonterait au 4 septembre de la môme année (1). De part et d'autre, il est permis de relever des inexactitudes ou des exagérations. Qu'aucune démarche officielle n'ait été faite auprès des administrateurs avant ce moment, on peut l'admettre, mais que les planteurs soient restés jusque-là inertes, c'est ce que les documents démentent. Toutefois, la campagne en vue de la députation provoquée par les adversaires de l'administration resta bornée à un cercle si étroit et fut tenue longtemps si secrète qu'on n'en trouve pas trace avant le dernier trimestre de 1788 dans la correspondance de l'intendant Barbé-Marbois (2). Enfin, la quasi-unanimité de l'adhésion des planteurs invoquée par le Comité colonial est une pure légende. Sans doute, ce Comité allègue fièrement en 1788, en 1789, en 1790 le mandat qui lui a été conféré par 4.000 colons ; mais de ces 4.000 signataires, il faut déduire celles des quelques centaines de planteurs résidant en France qui avaient donné leur consentement. Une lettre de la Chambre d'Agriculture du Cap réduit en effet à 3000 le nombre des adhérents résidants dans la colonie elle-même (3). L'inlen-
(1) Mcm. juslif. de La Luzerne, ci-dessus cité, ylrc/<. Par/., XVI, 300-301.
— (2) Voir ci-dessous chap. V, VI et VIL — (3) Lettres des membres du Comité colonial 1788-89. — Dénonciation contre La Luzerne, l«r chef (1790).
— Lettres et 'requêtes de la Cli. d'Açric. et des colons de Saint-DomÎDguc (1788) ci-dessus et ci-dessous cités.
dant Barbé-Marbois assure qu'un tiers au plus dea colons s'était rangé du côté des promoteurs du mouvement (1). La requête du Comité colonial n'émanait donc que de 4.000 blancs sur les 12.000 résidants ou non, majeurs, qui avaient des intérêts dans l'île. Les signatures avaient même été données, soit par complaisance, soit par intimidation. L'assurance avec laquelle les chefs du parti delà représentation coloniale présentaient comme ^ vœux publics» des opinions individuelles avait induit en erreur même a des personnages recommandables par leur rang et leurs lumières » . Des signatures avaient été sollicitées de toutes parts (2). Comme l'observait Brissot, il n'est pas étonnant que, dans un pays où presque tous les blancs savaient signer, les grands planteurs eussent entraîné « tous les gens qui avaient besoin d'eux, «des négociants, des ouvriers, des gérants, une foule «d'hommes qui voulaient l'être (3) ». A Saint-Domingue, comme à Paris, c'était en effet la partie des grands propriétaires hostile à l'administration qui se plaça à la tête du mouvement. Mais elle réussite entraîner, outre sa clientèle, les hommes de loi et une fraction des membres des professions libérales et du haut négoce.
Il n'est pas douteux que l'agitation dans Tîle n'ait eu un caractère aristocratique. Il suffit, pour s'en convaincre, d'examiner quel est le corps qui la dirige, et quels sont les personnages qui composent, soit les Chambres d'agriculture, soit les Comités provinciaux. On y retrouve, comme dans le Comité colonial de Paris, surtout de riches planteurs. La Chambre d'Agriculture du Cap,
(I) Mcm. justificatif de B. Marboîs (1790), p. 16.— (2) Exposé des administrateurs de Saint-Domingue dans le préambule de rordonnaiicc du 20 septembre 1788, citée, ci-dessous, chap. \ II. — (3) Lellrc d'un Ami des Noirs aux députes des trois ordres (1789), p. io.
organisée en 1 759, et qui se mil à la lele du parti d opposition en 1788, comptait 8 membres, tous choisis parmi les hahitanls, c'est-à-dire les propriétaires. De ces huit membres, il en est deux, Millot et Odelucq, dont on n'a pu reconstituer Tétat civil. Mais les cinq autres appartenaient à la haute société dominicaine. Le président, M. de Laborie, est un des futurs députés de le province du Nord, et l'un des principaux avocats du Cap. Belin de Villeneuve est chevalier de Tordre de Saint-Michel. Guillaume-Timothée de Cockbrun et sa femme Marie de Lange ont des propriétés, caféyères, fours à chaux, à Marmelade et à Fort-Dauphin. M. de Lacombeest probablement le propriétaire d'une importante caféterie à Jacmel, valant près de 200.000 fr. Le secrétaire de la Chambre peut être identifié avec Louis-Constantin d'Augy qui, par lui-môme ou par sa femme Julie Pigeot, détient à Plaisance une autre caféterie d'importance encore supérieure, 360. 000 fr. de valeur. Enfin, Aubert de Saint-Georges'du Petit-Thouars, qui appartenait à la famille angevine et poitevine bien connue de ce nom, peut passer pour un des grands propriétaires de rîle avec ses deux sucreries du Trou et du Limbe, qui représentaient un capital de près de 1.700.000 francs.
Il a été également possible de reconstituer,au moyen des documents, les noms des membres des Comités du Cap, de Port-au-Prince et des Cayes, et ceux des délégués des paroisses aux assemblées électorales de ces trois villes. Ceux du premier sont au nombre de 47. La liste du second comprend 23 planteurs ; celle du troisième (incomplète) est
(1) D'après la corrospoiulance, les requtHes do la (Ihnnibre d*a^iculture cil 'S ci-ilvssiH et ci-ilessous el les dossiers des nneicns colons de Saint- Domingue.
formée de 10 noms. A rassemblée du Cap figurent i7 représentants des colons ; à cellede Cayes 18 ; à celle de Port-au- Prince 19 (1). On a là en quelque sorte Tétaf-major du parti de la représentation coloniale à Saint-Domingue. A l'exception de quelques négociants, magistrats, avocats et médecins, qui sont d'ailleurs aussi propriétaires, cette élite se compose en majorité de grands planteurs, dont plusieurs figureront parmi les membres de la députation, tels que Lenoir de Rouvray, les comles^deChabannesetO'Gorman, le marquis de Cocherel, Vincendon du Tour (2).
D'autres noms plus obscurs semblent être ceux de personnages placés dans la dépendance de cette aristocratie de propriétaires. Mais la plupart peuvent être classés au milieu de cette galerie des « habitants » influents. Ce sont notamment le comte de Buckley (oncle d'un Boisguillebert descendant de l'économiste) et le comte deBeauney, ce dernier, copropriétaire, avec le comte de Bailleul, d'une importante sucrerie à TArcahaye, valant plus do 600.000 fr. Françoise Lebray, vicomtesse de Choiseul-Beaupré, membre du Comité du Cap, possède auQuartier-Morin une sucrerie plus considérable encore, d'une valeur de 71 2.000 fr. M. de Caradeux aîné, qui appartient aussi à ce comité, passe avec MM. de Saint-Martin et de Rocheblanchepour le plus grand propriétaire de la plaine de Port-au Prince. Il y a laissé une réputation légendaire. En lui se personnifie encore pour les nègres et mulâtres d'aujourd'hui l'ancien planteur français, fastueux, violent etdur. Il devait jouer un rôle capital dans la Révolution comme capitaine général de la garde nationale de Port-Républicain (l'ancien Port-au-Prince) et
(1) Actes, procès- verbaux, etc., relatifs à ces Comités et assemblées cités ci-dessus chapitres Vil et VlII. — (2) Voir ci-dessous, chapitre VIII.
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aller mourir à P hiladelphie. Ce personnage, allié aux familles aristocratiques de France, aux comtes de Sparre,de Montchaude Lastic Saint-Jal, aux marquis de Grave et Rochambeau, avait au quartier de Bellevue une magnifique sucrerie valant 1.470.080 fr., une caféterie et une hatte à la Croix des Bouquets représentant un capital de 2i 0.000 francs. Ses filles Ursule et Louise, mariées, Tune au marquis Louis de Rocheblanche, l'autre à M. de Boissonnière de Mornay, avaient reçu chacune une part de ses domaines princiers; la première une sucrerie à la Croix des Bouquets, d'une valeur de 3.800.000 fr. environ, outre une caféterie peu importante, la seconde deux sucreries à Bellevue et au Cul-de-Sac,parl équivalente à près de 2.700.000 francs. La famille Charrier de Bellevue, dont le chef participe au mouvement du Cap, et dont Tune des filles est devenue comtesse de Lyonne, a des caféteries, des briqueteries, des places à vivres, à Limonade et à la Petite-Anse, pour une valeur de près d'un million. Jean-B^-Collas de Maigret, un autre des promoteurs de l'agitation, allié aux familles de Verteuil, de Mondenard, de la Case, a sept maisons au Port-de-Paix, trois caféteries, deux indigoteries, des battes et bois-de-bout, des places à vivres au même quartier, une habitation à l'île de la Tortue, et sa fortune globale foncière approche de i millions 1/2. Au seul quartier du Gros-Morne, Jean-Baptiste de Cressac, membre de rassemblée du Cap, détient une indigoterie, deux caféteries, une maison valant près de 600.000 fr. Le marquis Bernard- Louis Dumesnil d'Aussigné^anciencommandantde dragons, également délégué à cette assemblée, est propriétaire de
(1) Sourcos : dossiers des .iiicicns colons,actcs et procrs-ve les cl assemblées aux Archives Coloniales et Nationales.
verbaux des comités
caféleries estimées 320.000 fr. dans les quartiers de Saint- Louis et de Plaisance. A la veuve ou à la fille d'un autre délégué, Guillaumeau de Flaville, appartiennent une caféterie et une cotonnerie au quartier de Baynet, dont le prix n'est pas inférieur à 350.000 fr. M. de Léaumont, M. des Rouadières, M. de Laville, membres du Comité du Sud, Bruhier de Warvilliers, Rousseau de laGautraie, délégués à l'assemblée des Cayes, Hamon de Vaujoyeux, Garesché du Rocher, M. de Mondion, le comte Marliani, membres duÇomité de Port-au-Prince, sont également de riches planteurs. Nombre de roturiers dans cet état major du parti d'opposition peuvent prendre place auprès ou non loin de cette aristocratie du nom et de la fortune. Tels sont, au Cap, le planteur Bonamy, habitant de la Grande-Rivière, qui, du chef de sa femme, exploite une sucrerie et une caféterie d'une valeur de près de 500.000 fr.; Conegut, dont la veuve, alliée aux Vandenbreck de Chateaubriand etaux Damas, est en possession d'une sucrerie, d'une caféterie et d'une cotonnerie valant ensemble 545.000 fr. à Limonade ; Ch. Fr. David, oncle d'un richissime planteur, Fournier de Bellevue, et lui-même propriétaire d'une sucrerie et d'une caféterie, c'est-à-dire possesseurdeprès de 1 million de fortune territoriale; Timoléon Grasset, dont les deux caféterieset l'indigoterie à Saint-Louis ontplusde 600.000 fr.de valeur: Pierre Collette, dont la fortune, consistant en 4 caféteries, ihatteet 1 place à vivres,un magasin au quartier de Jean- Rabel, deux maisons à Port-de-Paix, approche de l million; François Lavaud, allié des armateurs bordelais Nairac et Ducos, détenteur d'une sucrerie, de 3 caféteries, de maisons et de battes à Porlde-Paix et au Borgne, pour un total voisin de 2 millions ; Jean Lalanne, copropriétaire,
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ftvecTebtard de Gravai, de sucreries à Ouanarainthe d'une valeur voisine de i.oOO.OOOfr. ; Armand-André Roberjol Lartigue, dont la fille, devenue baronne Lalleniand, après avoir épousé le général de ce non),run des compagnons de Leclerc à Saint-Domingue en 1802, héritera des débris de la grosse fortune paternelle, consistant en sucreries, caféleries, maisons, d'une valeursupérieure à 2 millions 1/2 (1). Au reste, la plupart de ces colons^ membres des Comités ou des assemblées qui dirigèrent le mouvement, ont rarement moins d'un demi-million de biens, et les qualités qu'ils prennent de capitaines ou commandants de milice prouvent assez qu'ils figurent au nombre des notables auxquels étaient réservés ces titres enviés.
Un petit nombre de magistrats, d'avocats et de procureurs mécontents les secondent et leur donnent l'appui de la plfebe qui dépend d'eux. « Les sergens h appointemens « et à gages du Cap Français, déclare en effet le gouverneur a de Peynier, ont eu la plus grande influence sur ce qui s'est « fait » (l),à Tinstigalion des gens de loi qui les font vivre.
On remarque sans surprise, parmi les chefs du mouvement, les membres de Tancien Conseil supérieur de la province du Nord : Bernard de Saint-Martin, doyen de ce corps ; Dalcours de Beizunce, conseiller honoraire ; Viau de Thébaudières, ex-procureur général ; Labiche de Reigneforl, aussi conseiller en celle ville, tous d'ailleurs en même temps grands propriélaires et membres de l'aristocratie des planteurs. Les Reigneforl, par exemple, alliés des familles de Pardieu, de Caradeuc, de Lestre,de Lavergne,
{]) Mt^inos sourcrs. — En plus, Souvenirs do la baronne Lallemand sur rexpédilion de Sîiint-Doniingue (Xotiv. Hpo. /iéirosp.^ XVII, 1iK)2). — (2) Rapport de Peynier précilê, là nov.lTHÎ), Arch. Min, Colonies, C. 9, reg. KKi,
ont, soit à Cavaillon, soit au Gros-Morne, pour près de 1 million de fr. de plantations. M . de Belzunce, de son côlé, apparenté aux Flamen d'Assigny, aux Lemaire de Beaumarchais, et gendre du comte de Broglie, se trouve copropriétaire de sucreries et de caféteries d'une valeur globale supérieure même h ce chiffre. Les grands avocats du Gap, d'Augy, Larchevôque-Thibaut, Arnauld de Marsilly, Laborie, Moreau de Saint-Méry (1), aident aussi de toutes leurs forces à cette campagne où ils sont suivis parleurs amis les procureurs, tels que Jean LormierLagraveà Fort-Dauphin, et Bourgeois à Jacmel (2).
La grande majonté des habitants des villes ont été tenus en dehors du mouvement. « Ils n'ont eu, dit Tavocat Gha- « chereau, aucune part aux pouvoirs donnés aux électeurs « et n'ont en aucune manière contribué à la nomination « qui en a été faite. On n'a même pas interrogé ceux qui, « par leurs propriétés, leur état, leurs lumières devaient « être consultés (3). » On n'a fait exception que pour quelques membres des professions libérales, comme les médecins Polony et Gentil lot, les chirurgiens Sollée et Gorréjolles, qui sont en même temps propriétaires. Le maître en chirurgie Françoi8Gorréjolles,par exemple, a une maison à Fort-Dauphin, une caféterie et des bois debout à Valliùre, le tout dépassant en valeur 100.000 fr. Aux Gayes, le médecin Jean Gentillot, dont la fillle épouse un gentilhomme poitevin, M. de la Fresselière, possède en emplacements, places
(1) Actes et procès-verbaux des Comités et assemhl 'es, décembre 1788, janv. -cet. 1789 ci-dessous cités. — Dossiers des liquidations des colons. — Correspondance de B.-Marbois, 1788, ci-dessous cilée. — (i2) Lormier- Lagrave possédait à Fort-Daupbin et à Ouanamintbe une sucrer!»*, 2 maisons, etc., le tout valant .^iâS.OOO fr. — (3i Examen rapide (hi cahier de doléances de la colonie, etc., par M. Chachereau (177Î)). Bihl, Nut., Lk. 12 I 229, p. 5.
à vivres, cafélerie et plantation sucrière, un capital de plus de 400.000 fr., et son confrère Polony,auCap Français, n'a pas moins de six maisons au cœur de la ville, rues Saint- Pierre, Saint-Dominique, Conflans, Bourbon et Saint-Louis, pour une valeur de plus de 250.000 francs (1).
Une dernière catégorie enfin d'auxiliaires des grands planteurs mécontents est formée d'une partie des gros négociants, membres anciens ou en exercice de la Chambre de Commerce du Cap, ou habitants des autres ports, comme Gérard aux Cayes, Camfrancq h Port-au-Prince. Ils sont d'ailleurs eux-mêmes propriétaires de plantations. Parmi les membres des Comités et des assemblées électorales, on voit donc figurer des commerçants, tels que Jean- Baptiste Auvray et Etienne Lefèvre, retirés des affaires, et qui sont, l'un planteur à la Petite-Anse, l'autre copropriétaire d'une maison au Cap et d'une grande sucrerie au Terrier- Rouge, le tout d'une valeur de 2.257.000 fr. environ. Un auln?, Pierre Bertrand, outre ses maisons du Cap, estimées 230.000 fr., a des propriétés au quartier de la Marmelade. Jacques Aubert, comme lui négociant au Cap, et mêlé à ces événements, possède au Quarlier-Morin une caféterie de 830.000 fr. Un autre commerçant, qui joue à Port-au-Prince un rôle actif, Jean-Baptiste Camfrancq, détient, soit seul, soit avec ses associés les Thésan^ des maisons et des emplacements dans la capitale de l'île et une caféterie à la Croix-des-Bouquels^ le tout pour une valeur approximative de 700.000 fr. Son émule, Jean-Daniel Chaudruc, outre ses immeubles du Cap, est le maître de tout ou partie d'une
(i) Dossier des iiulemnilés accordées aux colons. — Actes et procès-verbaux inédits des comités et ass. cités ci-dossous — Mss Moreau Saint-Méry, [fonds Advielle tzos jiSG-iQo. Bible d*Arr(is,Mss).
cafélerie à TAcul et d'une grande sucrerie à Ouanaminthe, le tout valant près d'un million. Jean Lalanne, membre de la Chambre de commerce du Cap, est sans doute le copropriétaire ou le seul possesseur de deux sucreries à Ouanaminthe, de deux caféleries et d'une savane au quartier de Rabel, d'une valeur globale de 1.600.000 fr. environ (1). Telle était la composition du parti de la représentation coloniale. Ces constatations suffisent pour montrer son véritable caractère. Composé d'éléments divers, unis par un mécontentement commun contre les pratiques même utiles de l'administration ou du pouvoir central, il n'avait nullement rallié la masse des planteurs ou des habitants. Indépendamment des nègres esclaves, auxquels nul ne songeait, les hommes de couleur étaient naturellement les adversaires de cette oligarchie formée de leurs pires ennemis et qui allait d'ailleurs leur fournir par ses imprudentes démarches un moyen puissant de revendications. Bien plus, les deux tiers des blancs ne pactisaient point avec les promoteurs du mouvement. Les fonctionnaires de tout ordre, officiers, magistrats, commis, arpenteurs, en nombre considérable, connaissaient trop les vraies tendances du parti de la représentation pour se solidariser avec des hommes qui travaillaient contre eux. La plupart des habitants des villes, ces 4.000 chefs de comptoirs, commissionnaires, artisans, que l'aristocratie des planteurs méprisait et dont les intérêts étaient différents des siens, se tint ou fut tenue soigneusement à l'écart. Enfin, la plupart des membres de la classe des planteurs, soit résidents, soit non-résidents, désapprouvait l'agitation organisée par la minorité.
(1) Mêmes sources; de plus, re(iuétcs de la Ch. de commerce du Cap Français(1788), citées ci-dessous.
Il y avait, soit en France, soit dans la colonie, de grands propriétaires, tels que les marquis de Massiac, de GallilTel, de la Rochejacquelin, de la Rochefoucauld-Bayers, les comtes d'Argout et de La Borde^ le vicomte du Chilleau, les Duval-Sanadon, futurs organisateurs de la Société correspondante des colons français en juin 1789 (1), qui désapprouvaient la méthode préconisée par les planteurs du Comité colonial et qui voyaient dans Toclroi d'une représentation coloniale un présent funeste pour la tranquillité de rile (2).
Quand le Comité colonial de Paris et ses adhérents de Saint-Domingue essayèrent de provoquer un pétitionnement général, la plupart des propriétaires montrèrent peu d'empressement à accepter cette idée. « Un très grand nombre refusèrent de signer » les pouvoirs accordés au comité de la rue de Provence. « Une requête revêtue d'un grand nombre de signatures » fut même adressée à l'intendant Barbé-Marbois. Les propriétaires « y formaient des vœux « pour que le calme dont la colonie avait joui jusque-là ne « fût pas troublé. Ils témoignaient leurs alarmes sur les « maux auxquels elle pourrait être exposée, s'il pouvait « dépendre d'un nombre d'individus quelconques d'adres- « ser à deux mille lieues des représentations à Sa Majesté M au nom des colons ». Ils déniaient au Comité colonial et aux Chambres d'agriculture le droit de supposer aux habitants a des vues, des désirs qu'ils n'avaient pas mani- « festés », de solliciter « pour eux de prétendus avantages » auxquels leur « éloignement et la différence de régime leur
(1) Voir ci-(i<\ssous, (ItTiiicr chapitre. — (2) Ua[>j»<)rt de B.-Marbois, nov. 1788, ci-dessiiM — Mcinoiredc Duvnl-Sanadon (iO août 4789) lu à la société Massiac, Arch, Nat.^h XXV, 8o.
tt interdisaient d'aspirer et qui pouvaient même leur deveyiir « funestes ». Ils dénonçaient les manœuvres du parti de la représentation, qui, à l'aide de quelques consultations juridiques sur une question « purement politique », prétendait disposer du sort d'une immense colonie et se présentait comme le mandataire de « 25.000 citoyens libres », dont il eût été fort en peine de montrer les pouvoirs valables. Ils affirmaient enfin que les pouvoirs dont le Comité colonial se larguait n'émanaient que de quelques individus qui présentaient comme c vœux publics » des « opinions particulières (1) ». Plus clairvoyants que les partisans du mouvement^ ces colons se seraient contentés d'obtenir pour Saint- Domingue des réformes concédées par voie administrative et la faculté dont jouissait à Londres la colonie anglaise de la Jamaïque, c'est-à-dire le droit d'avoir à Versailles une agence chargée de défendre leurs intérêts auprès du gouvernement métropolitain (2).
Comme l'affirme Barbé-iMarbois, les deux tiers au moins des blancs se trouvaient donc en désaccord avec le Comité colonial de Paris et ses adhérents (3). Cette affirmation concorde avec celle que présentèrent h la fin de 1789 les colons propriétaires de Saint-Domingue par l'entremise du député de Nantes^ Blin. Ils observaient que le plus grand nombre des blancs était resté étranger à toute cette agitation et que la plupart y avaient même été contraires. « L'île, « disaient-ils, est peuplée d'environ 25.000 blancs; nous « estimons qu'en mettant Ji l'écart les femmes et les non- <( majeurs, environ 12.000 planteurs et autres avaient le
(1) Exposé du préamhulc de rurduniiancc du "US dcc. 17S8. — K;»j)porls de B.-Marbois, 10 déc. 17S8, ciU's et analyses ci-dessus, cliap. Vil. — (2) Mémoire de Duval-Sanadon, cilé ei-dessus. — (3) .Mémoire justiHeatir de B.-Marbois (1790;, p. 10.
« droit de voler en celte circonstance. De ce nombre c( 4.000 seulement paraissent avoir désiré une représenta- « lion et de manière ou d'autre fait le choix des députés. » Les promoteurs du mouvement ne se composaient donc que « d*un tiers des habitants » ; et n'exprimèrent a ni le vœu général ni le vœu prépondérant en nombre (i) ».
Ainsi, le parti de la représentation coloniale n'était en réalité qu'une oligarchie de grands propriétaires inquiets ou mécontents qui avaient su rallier dans le haut coirimerce et parmi les membres des professions libérales quelques auxiliaires, état-major dont la petite armée se composait de quelques milliers de blancs placés dans la clientèle et sous la dépendance de l'aristocratie des planteurs. Loin d'être, comme dans la métropole, dû à une poussée de la bourgeoisie et du peuple, secondés par une fraction des classes privilégiées, le mouvement à Saint-Domingue partait d'une ploutocratie d'habitants, secondés de leurs clients bénévoles ou forcés. En France, la masse de la nation se prononçait avec un élan irrésistible pour la réunion des Etats-Généraux, c'est-à-dire pour l'instrument des réformes profondes. A Saint-Domingue, une faible minorité seule revendiquait le droit de représentation, comme une arme contre les atteintes qu'elle redoutait pour ses privilèges, sans se douter qu'elle allait ainsi porter à sa domination le coup mortel.
(1) Méni. de 300 colous de Saint-Domingue lu par Blin, 26 nov, 1789, Arch, Pari., VIII, 205.