Lettre de M. de Cussy, du 25 avril 1689 [Ibid., vol. II
3. Lettre de MM. de Blénac et Mithon, de Léogane, l" juillet 1716 [Ibid., vol. XII).
portée en faveur de rindustrie métropolitaine, de laisser ressortir les sucres bruts hors du royaume. « Ce n'est pas tant, en efFet, écrivent encore MM. de Blénac et Mithon, ce n'est pas tant la contrebande angloise qui ruine notre colonie. Evidemment le sucre est surabondant en France. Les négocians ont acheté des sucres bruts à 17 et 18 livres le cent, qui, de 36 livres qu'ils valoient en France, sont tombés à 20 et 22 par la quantité qu'il en est entré dans le royaume, plus forte de beaucoup que n'en peut être la consommation. Il faudroit admettre la liberté de sortir les sucres bruts hors du royaume; c'est le seul moyen de rétablir un commerce avantageux. Nous ne perdons point de vue la conduite des Anglois, nos voisins, pour soutenir leur commerce et faire fleurir leurs colonies. Cellesci leur produisent plus de sucre brut que nos colonies, et l'Angleterre en fait une moindre consommation que la France. Cependant le débouchement qu'ils donnent à ces sucres dans les pays étrangers en soutient le prix ; il a valu, dans le cours de cette année, à la Jamaïque, 32 livres le cent, et est à 48 IIatcs en Angleterre, au lieu qu'il ne vaut dans nos colonies que 11 livres, et en France 20 à 22 livres ^ » Et lorsque, devant ces faits, les réclamations des colons deviennent trop vives et pressantes, sait-on quel remède apporte l'Etat à une aussi grave situation, et quelle satisfaction il donne à ces réclamations ? Il leur répond par l'ordre transmis aux gouverneurs de restreindre la production , d'enjoindre aux habitants « de ne faire que 700 milliers de tabac' »,