Ibid., doss. Cottin, C
« qui sont encore, écrit un gouverneur découragé, ce que nous avons ici de meilleur ' », et l'on ne taxera pas d'exagération, je pense, les constatations de M. de Brach, lieutenant de roi à Léogane, qui écrivait en 1700 : « 11 n'y a aucun homme dans cette colonie qui ne se croie plus que nous ofliciers du Roy, quoiqu'ils ne soient pour la plupart que des engagés, banqueroutiers ou gens de sac et de corde, galériens qui se sont sauvés ici ou y ont esté envoyés, gens sans honneur et sans vertu "' . »
En fait, l'esprit et les mœurs de cette population sont ce qu'on peut supposer, exécrables.
L'esprit, d'abord, et il faut tout le sang-froid des gouverneurs pour prévenir de continuels soulèvements. « Cette colonie, mande Du Casse, n'ayant esté formée que selon le caprice de chaque particulier, elle a subsisté dans le désordre ^ » Les habitants de Léogane sont complètement indisciplinés, ceux du Cap « sont des brigands qui ne reconnoissent ni l'autorité ni la raison'^ ». En un mot, l'insolence et la mutinerie sont partout. La liberté du commerce et la suppression des Compagnies sont bien les prétextes invoqués lors des révoltes de 1670 et de 1723, mais là-dessous couve autre chose. En 1670 déjà, d' « étranges discours » circulent dans Fîle sur l'oppression oii sont réduits les habitants^.
1. Lettre de M. de Fayet. gouverneur du 13 décembre 1736 (Ibid., vol. XLIII).
2. Lettre de M. de Brach, lieutenant de roi à Léogane, août 1700 {Ibid., vol. V).