Lettre de Du Casse, du 10 novembre 1693 (Ibid., vol. II
guide et les attire partout oii ils trouvent du vin et des femmes^ ». « Les flibustiers ne sont plus flibustiers, mais pirates écumeurs de mer'. » En sorte que, pour obtenir d'eux un service quelconque, on doit bientôt les payer. Une ordonnance de MM. de Choiseul et Mitbon, du 9 septembre 1709, promet 600 piastres, une fois données, ou 150 livres de rente viagère aux « boucaniers ou flibustiers » qui combattront pour la France^, et cette perspective de pouvoir se dire un jour flibustier en retraite ou boucanier pensionné ayant paru probablement trop lointaine et aléatoire à nos hommes, rintendant Maillart, en 1747, le temps ayant marché, propose de leur accorder des avantages plus immédiats. On n'obtiendra rien d'eux, écrit-il, si Ton ne consent « à payer tous les six jours 6 livres, faisant une piastre à chaque flibustier, frère de la coste et autres gens de mer, par forme de prêt et avance pour leur solde; à leur faire distribuer la ration en pain frais ou biscuit, viande fraîche ou viande salée, poisson ou légumes ; à donner même ration aux capitaines de flibustiers, et en outre 3 escalins, faisant 45 sols, par jour de solde'* ». Quand on voit la triste décadence à laquelle sont réduits ceux dont les glorieux prédécesseurs avaient fondé la colonie, on peut aisément se figurer quelle est la valeur guerrière du reste de la population !
A l'esprit public — civique ou militaire — de cette