‹ Saint-DomingueChapitre 21 sur 115 · Du même, du 19 mars 1700 {Ibid., vol. V · texte numérisé non relu

Du même, du 19 mars 1700 {Ibid., vol. V

3. Ordonnance du comte de Ghoiseul-Beaupré et de M. Mithon, du 9 septembre 1709 (Moreau de Saint-Méry, Lois..., t. 11, p. 166-167).

•4. jMémoire de M. Maillart, intendant, 1747 (A. M. C, Corr. gén., Saint-Domingue, C", vol. LXX).

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population répondent des sentiments et dos mœurs tout à fait à Tunisson. Ces g-ens-là n'ont qu'une idée : faire fortune, et ffiire fortune au plus vite. « La plupart des habitants, écrit l'intendant Saint-Aubin, en 1731, ne songent qu'à travailler à acquérir du revenu pour se retirer ensuite en France '. » a Les privilèges et les distinctions, écrit de même un peu plus tard le gouverneur, M. de Larnage, ne sont point l'attrait de nos colons; ils n'en sont point susceptibles, n'estant réveillés que par leur intérêt... Chacun ne pense qu'à gagner, fût-ce et surtout au détriment du voisin '. » En fait, l'on est étonné des fortunes qui s'édifient en moins de deux générations. En 1701, « il y a dans l'île trente-cinq sucreries roulantes, vingt autres prêtes à rouler dans trois mois, et quatre-vingt-dix de commencées' ». En 1732, on compte trois cent six sucreries dans le ressort du conseil supérieur du Cap et deux cent trente-trois dans celui du conseil du Port-au-Prince \ Or, en 1699, une sucrerie moyenne rapporte déjà plus de 10.000 écus par an % et de ce fait la valeur de la propriété augmente dans de telles proportions que, comme l'écrit M. de Gal-

1. Lettre de M. Jacques-Pierre Tesson de Saint-Aubin, commissaire de la Marine, ordonnateur en chef, intendant intérimaire, du Petit- Goave, 27 juin 1731 {IbicL, vol. XXXIII).

2. Lettre de M. de Larnage, de Léogane, G novembre 1740 [Ibid., vol. LU). — « Ici l'on ne rougit de rien excepté de ne pas gagner de l'argent, n'importe à quel prix », écrit bien plus tard, le 26 décembre 1764, M. d'Estaing (A. M. C, Gorr. gén., Saint-Domingue, 2^ série, cart. XVI) .

3. Lettre de M. de Galliffet, du 24 septembre 1701 [IbicL, vol. V).

4. Mémoire de MM. Dubois de La Motte, gouverneur, et J.-B. Laporte de Lalanne, intendant, du Port-au-Prince, 2 novembre 1752 (IbicL, vol. XG).

5. Lettre de M. de Galliffet, 4u 27 décembre 1699 (Ibkl., vol. IV).

liffet, en octobre 1700, « on refuse présentement 2.000 écus d'une habitation qui a été achetée, il y a dixhuit mois, 70 écus, et bien qu'on n'y ait fait aucun travail'. )) 40.000 écus, c'est d'ailleurs ce que dépensent annuellement nombre d'habitants-. Aussi les g^ouverneurs ne tarissent-ils pas sur la richesse et l'opulence des colons. Dès 1730, ils nous dépeignent la large existence que mènent sur leurs habitations les propriétaires, « qui vivent si aisément qu'ils peuvent nourrir du superflu de leur table et du reste du bouillon de leur pot » des parasites sans nombre, dont le toit abrite sans distinction tous ceux qui viennent y demander l'hospitalité ^, dont les femmes, habillées de taff'etas et d'étoffes de prix, excitent l'envie et la cupidité de ceux qui arrivent*.

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