‹ Saint-DomingueChapitre 25 sur 115 · Lettre de M. de Gussy, du 29 mai 1681 [Ibid., voL I · texte numérisé non relu

Lettre de M. de Gussy, du 29 mai 1681 [Ibid., voL I

3. Mémoire de MM. de Saint-Laurent et Bégon, du 26 août 1684 (Ibid.).

4. Lettre de M. de Larnage, du fonds de l'Ile-à-Vache, 2 juillet 1742 [Ibid., vûL LVllI).

reni un mois avec elles'. » Nos colons sont morne gens à se contenter de moins. « Nous no voyons dans ce pays-ci, écrit M. d'Arquyan en 1713, que négresses et mulles à qui leurs maistres ont troqué la liberté en échange de leur pucelage - ; » et l'intendant Montholon déclare, en 1724', que, si l'on n'y prend garde, les Français deviendront rapidement comme les Espagnols leurs voisins, dont les trois quarts sont do sang mêlé \ De fait, en 1734, M. de la Rochalar observe qu'au quartier de Jacmel, à la revue qu'il a passée, il a remarqué que « presque tous les habitants sont mulâtres ou en descendent'' ». Gela nous prouve que les pénalités édictées, dès les premières années de la colonie, contre « les maistres faisant des enfans à leurs négresses' », ne furent point très rigoureusement appliquées. Le pouvoir d'ailleurs ne se montre pas toujours impitoyable, à en juger au moins par ce gouverneur qui plaisante agréablement sur les mœurs d'un certain Depas, de

1. Mémoire de M. de Gussy, du 18 octobre 1685 (Ibid., vol. I).

2. Lettra de M. d'Arquyan, du Cap, 20 février 1713 (Ibid., vol. X). A en croire, d'ailleurs, la chronique scandaleuse, M. d'Arquyan n'aurait pas éLé plus que les autres à l'abri de toute faiblesse de ce côté ([P.-J.-B. Nougaret], Voyages iutéressans dans différentes colonies, p. 206). En 1687, M. de Cussy proposait d'envoj'er vendre au dehors les mulâtresses espagnoles, qui causaient le plus de démoralisation dans la colonie (A. M. G., Corr. gén., Saint-Domingue, G", vol. I). Et en 1713, MM. de Blénac et Mithon écrivent : « Le nombre des garçons est plus considérable que celui des filles, ce qui jette les gai'çons dans le désordre par des concubinages presque publics avec des négresses et des mulâtresses. » (Lettre du 10 août 1713, Ibid., vol. X).

3. Lettre de M. de Montholon, de Léogane, 4 octobre 1724 [Ibid., vol. XXIIl).

4. Lettre de M. de la Rochalar, gouverneur, du b juillet 1734 [Ibid., vol. XXXIII).

5. Cette décision fut prise par MM. de SaintrLaurent et Bégon en 1684 (Ibid., vol. I).

Saint-Louis, « qui s'est amusé à faire quelques mâles et femelles à une négresse pour laquelle il a des bontés ^ ». L'exemple vient même quelquefois de haut, et à un moment M. de Galliffet, lieutenant de roi au Cap, est menacé d'être inquiété pour s'être violemment emparé d'une négresse, « la plus belle de quatre ou cinq qui le gardent autour de son lit'^ ». L'amour noir, au surplus, n'inspire pas que des passions illégitimes. La cupidité aidant, j'en ai donné plus haut des exemples, il trouve parfois sa consécration dans le mariage. « Dans quatre mois, écrit M. de Cussy, en 1688, il s'est fait vingt mariages d'habitans avec des mulâtresses ou des négresses^.» « Le désir des biens que l'espèce noire acquiert plus aisément par économie, constate longtemps après un autre gouverneur, déterminera en effet insensiblement tous les blancs qui, sans fortune, passent en ce séjour à en avoir par ces mariages avec des négresses, mariages que les religieux desservant les cures ne font pas difficulté, par principe de religion et souvent par intérest, de célébrer. Je me figure que devant Dieu ceste espèce est reçue égale à la nostre et on ne peut par des ordres supérieurs empescher ces unions. Mais je pense que si le Roy déclaroit tous ceux qui feroient ces sortes de mariages et les suittés qui en viendroient inhabiles à posséder aucune charge, et qu'il fust en même temps ordonné de faire servir dans la milice parmi les noirs ceux des blancs qui seroient unis à des négresses ou

d. Lettre de M. de Larnage, de Léogane, du 17 juillet 1743 (IbicL, vol. LXI).

2. Lettre de M. Auger, gouverneur, 22 mars 1704 [Ibid., vol. VII).

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