‹ Saint-DomingueChapitre 36 sur 115 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

LA NOBLESSK PHANÇAISK A SAINT-DOMINCUK 123

gouverneur, donl on susp(3cte les origines, la nerveuse et jolie réponse que voici. Oui, M. de Brach a reçu l'ordre de quitter Léop^ane. «Mais, ajoute-t-il, vous vous ôtes trompé, Monsieur, si vous m'avés cru party. On ne peut pas régler les affaires dans un jour... Je suis honnête homme; ainsy, Monsieur, je ne veux emporter le bien d'autruy... Si j'étois le fils d'un juif ou le petit-fils, j'aurois toujours mes coffres pleins, comme ces genslà ont ordinairement de rapine et d'usure. Mais comme je suis le fils d'un honnête homme, je retire ce qui m'est deu pour payer ce que je dois \ » Que celui qui parlait ainsi à un gouverneur ne se gênât pas pour déclarer qu'il n'avait pas « connu un intendant ou un commissaire qui ne fust un voleur à pendre ^ », personne ne s'en étonnera. On lui passe d'ailleurs ses boutades, se rappelant les services qu'il a rendus à la colonie naissante, et connaissant son caractère resté si vif qu'à soixante et onze ans, au sortir d'un repas sans doute trop plantureux, il offre le combat à un officier « qui lui a crotté sa chemise » à tablée Retiré dans les dernières années de sa vie sur sa plantation, il monte chaque matin à cheval pour visiter ses cultures et ordonne luimême tous ses travaux', réalisant ainsi mieux que per-

1. Lettre de M. de Brach à M. de Galliffet, du 5 septembre 1702 [Ibid).

2. Lettre do M. de Chastenoye, du Gap, 12 mai 1732 [Ibid., vol. XXXVI).

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