Peytraud, Op. cit., p
4. Pour éviter ces suicides, qui se produisaient d'ailleurs fréquem-
tant plus souvent, à Saint-Domingue en particulier', que là prédominait le système de la vente à bord, et que, pendant leur exposition sur le pont, les captifs pouvaient facilement saisir l'occasion de se précipiter par-dessus bord. Pour parer à ces accidents, on essaya bien de caserner à terre les arrivag-es de noirs. Mais on tombait alors dans d'autres inconvénients. Il aurait fallu, comme le réclame une pétition, des « magasins en planches bien clos pour abriter les nègres et les tenir moins exposés au chique, insecte du pays qui leur perce les pieds' ». En fait, on n'eut le plus souvent pour la vente à terre que des constructions insuffisantes, mal closes, trop étroites, où les noirs étaient entassés. Les autorités avaient vainement à plusieurs reprises formulé des prescriptions à ce sujet. Les administrateurs envoyant, le 24 mai 1784, au Ministre, la description de ce qu'ils ont vu au Gap : « La visite, écrivent-ils, que le ministère public a fait faire de sept des mag^asins à nègres existant et actuellement remplis, nous a présenté le tableau révoltant de morts et de mourants jetés pêle-mêle dans la fange ?. » Et dans ces conditions l'on ne peut blâmer l'usage, qui de plus en plus tendit à se généraliser à Saint-Domingue , de la vente des esclaves à bord des navires.
ment pendant la traversée, certains capitaines faisaient tendre des filets autour du navire chaque fois que les esclaves montaient sur le pont (Métrai, Les esclaves, 1836, 2 vol. in-S», t. I, p. 133).
1. Arch. du min. des Colonies, Corr. gén., Saint-Domingue, C^ vol. XI, Mémoire du 1" avril 1715.