‹ Saint-DomingueChapitre 50 sur 115 · Lettre citée par Peytraud, Op. cit., p · texte numérisé non relu

Lettre citée par Peytraud, Op. cit., p

2. Règlement du Conseil de Léogane, qui ordonne de planter des vivres pour la nourriture des nègres, du 3 mai 1706, dans Moreau de Saint-Méry, Lois et constitaliojis..., t. II, p. 70-71.

3. Notamment Tordonnance des administrateurs de la colonie du 12 juin 1744 (Moreau de Saint-Méry, Op. cit., t. III, p. 794) et surtout l'ordonnance du gouverneur Bart, du 19 août 1761 {Ibid.,t. IV, p. 401-i03).

Sur ces plantations de vivres, et la nécessité d'en faire de temps en temps et à l'improviste vérifier l'importance et la bonne tenue par les officiers préposés aux recensements, ou mieux par les commandants de quartier eux-mêmes, cf. Petit, Du rjouvernement des esclaves, t. II, p. 124 et suiv.

durent rester trop souvent lettre morte, ce Les nègres volent la nuit, parce qu'ils ne sont pas nourris par leurs maîtres* », écrivait, en 1702, M. de Galliffet; et en 1782 : « A Saint-Domingue, notait le baron de Saint-Victor, les trois quarts des maîtres ne nourrissent pas leurs esclaves, et leur dérobent presque tout le temps de repos que les lois leur attribuent. C'est trop, et ces malheureux se jetteront tôt ou tard dans l'horreur du dernier désespoir', »

Pour ce qui est du vêtement, la chose donna toujours lieu à moins de contestations que la nourriture, le climat permettant de s'en dispenser à la rigueur. Le Code noir disait : « Seront tenus les maîtres de fournir à chaque esclave, par chacun an, deux habits de toile, ou quatre aunes de toile, au gré des maîtres '. » C'était là un minimum auquel beaucoup de planteurs trouvaient encore le moyen de se soustraire, mais que beaucoup aussi dépassaient. Car pour le vêtement, comme pour la nourriture et le reste, nous venons seulement d'exposer la règle, et il est certain qu'en beaucoup de cas cette règle était atténuée ou aggravée.

C'est qu'en ce qui touche l'esclavage, l'usage est tout, la loi n'est rien.

« Toutes lois, dit, à ce sujet, un des innombrables pamphlets publiés au début de la Révolution, toutes lois, telles justes et humaines qu'elles pourroient être en

1. Lettre de M. de Galliffet, de Léogane, du 20 avril 1702 (A. M. C, F^ 167).

2. Essai d'administration pour la colonie de Saint-Domingue, par le baron de Saint- Victor (1782). (Arch. du min. des Colonies, Corr. gén., 2« série, C», carton XXXII).

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