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do lisière seul Loujours iiicomparableiiieriL plus belles que celles de l'intérieur.
« Lorsqu'on veut planter une pièce ainsi préparée, on commence par brûler toutes les mauvaises lierbes qui s'y trouvent. L'on y dispose ensuite les nègres, de manière qu'ils puissent, sans se gêner réciproquement, ouvrir des fosses alignées de 15 à 18 pouces en carré sur 8 pouces en profondeur, et distantes de 3 pieds les unes des autres. Dans chacune de ces fosses, on couche horizontalement trois tronçons de têtes de canne encore frais, dont les nœuds doivent fournir de nouvelles plantes. On remet, après cela, la terre dans les fosses, on l'élève en forme de monticules, et plusieurs cultivateurs sont dans l'usage de planter du maïs dans les intervalles. On plante les cannes en toute saison, parce que la végétation s'opère sans relâche. Le temps de Fliivernage, depuis novembre jusqu'à mars, est cependant le plus favorable à cette opération, surtout dans les terres hautes et naturellement sèches.
« Les cannes une fois plantées, les soins que l'on apporte à leur accroissement consistent à les bien sarcler. Dans les bons terrains, les sarclaisons deviennent inutiles après trois ou quatre mois de plantation; les cannes ont acquis à cette époque une force suffisante pour étouffer les plantes qui voudroient croître à leur pied. Entre quatorze et dix-huit mois de plantation, suivant la saison et suivant les terrains, les cannes ont atteint leur maturité. Pour lors, on en fait la récolte. Les nègres les coupent le plus près de terre qu'il leur est possible avec des coutelas qu'ils appellent manchettes. Ils les dépouillent ensuite sur les lieux mêmes de toutes
leurs feuilles et aussi de leur tête, qui ne renferment point de liqueur sucrée, mais qui servent à de nouvelles plantations, à la nourriture du bétail et à couvrir des bâtiments. Les cannes ainsi déshabillées sont chargées sur des voitures qui les conduisent au moulin, où on les passe sans perdre de temps, dans la crainte qu'elles ne s'aigrissent par la fermentation.
« Aussitôt après la récolte d'une pièce de cannes, les habitans qui ont beaucoup de nègres font brûler sur place les feuilles et les souches qui sont restées, puis font creuser de nouvelles fosses dans les intervalles des premières pour y replanter. Mais ceux qui manquent de forces se contentent, après une première récolte, de faire étendre sur le terrain les feuilles surabondantes à la nourriture du bétail pour y servir d'engrais, et les anciennes souches poussent des rejets qui donnent à la vérité des cannes bien inférieures aux premières, mais qui ont coûté bien moins de peine et mûrissent beaucoup plus tôt.
« Mais, soit en rejets, soit en plantations neuves, les terres donnent ici sans relâche, car à peine une récolte est-elle faite que les souches poussent de nouvelles tiges, ou qu'on les brûle, pour procéder à une plantation nouvelle. Il arrive de là que, dans une sucrerie considérable, l'on plante et l'on coupe tous les mois de l'année \ »
L'on se rend compte maintenant du faible intérêt qu'offre pareil genre de culture, du peu d'esprit d'initiative qu'il exige, de la routine qu'il comporte seulement.