‹ Saint-DomingueChapitre 72 sur 115 · Girod-Ghantrans, Op. cit., p · texte numérisé non relu

Girod-Ghantrans, Op. cit., p

VIE ET MOElinS CRÉOLES 285

La surveillance de la fabrication du sucre présente par contre plus de variété. Mais, en revanche, pour h; propriétaire qui veut s'en acquitter lui-même sérieusement, c'est une tâche atrocement fatigante et absorbante. Nous avons, pour nous édifier là-dessus, les souvenirs d'un liomme qui, durant plusieurs années, fit ce dur métier à Saint-Domingue, v Dans le département de l'ouest de la colonie, au moins, écrit M. Joinville-Gauban, les sucreries roulent ordinairement sept à huit mois sur douze, c'est-à-dire dix-huit ou vingt jours de chaque mois. Tout ce temps, il faut constamment faire le quart à tour de rôle. Je surveillais, pour ma part, jusqu'à minuit, l'entretien des cannes, le travail du moulin à sucre, l'écumage, le chauffage du vezoïi^, etc. . . Les nègres remplacés par d'autres dans les divers postes me permettaient de me coucher sur un mauvais matelas, et comment encore! fumigué par la vapeur des chaudières, par la chaleur infernale des fourneaux et au bruit tumultueux de la machine, des chansons et des hurlements des nègres de quart. Dans un faible état d'assoupissement, provoqué par une fatigue excessive, je reposais jusqu'à 5 heures, temps où la cloche réveillait l'atelier, pour lui signifier le travail du jour. Alors, j'allais me baigner dans le canal du moulin, pour tempérer une chaleur, une lassitude accablante et donner à mes sens une nouvelle énergie. Je commençais à faire ensuite la récapitulation des formes de sucre fabriquées pendant le cours de vingt-quatre heures; j'allais immédiatement compter les nègres coupeurs de cannes, ceux des arro-

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